Buried, déconseillé aux claustrophobes

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Buried, déconseillé aux claustrophobes
@ Rezo Films
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Réalisé avec des moyens minimalistes, le film suit pendant 90 minutes un homme enterré vivant.

Le cinéma n’a parfois pas besoin de grand-chose pour fonctionner. Un seul acteur, un cercueil en guise de décor et un scénario bien ficelé. Le réalisateur espagnol Rodrigo Cortés n’a rien utilisé de plus pour faire de Buried le film buzz de la semaine.

90 minutes pour s’en sortir

Plongé au cœur de la guerre en Irak, Paul Conroy est un entrepreneur américain qui se fait enlever en pleine mission. Il se réveille dans un cercueil en bois, sous une tonne de terre. Il n’a à disposition qu’un briquet, un téléphone portable à moitié déchargé et 90 minutes d’oxygène (soit la durée du film).

Regardez la bande-annonce :

Unité de lieu

L’idée en soi n’est pas nouvelle. Quentin Tarantino s’était déjà amusé à jouer sur cet enfermement pour le final de la saison cinq des Experts. Sauf que Rodrigo Cortés a poussé le concept jusqu'à bout, en tournant l’intégralité du film dans le cercueil de Paul Conroy.

Le spectateur est ainsi enfermé avec lui, et vit à ses côtés ses appels désespérés aux quatre coins de la terre pour s’en sortir… et l’indifférence de la plupart de ses interlocuteurs (FBI, employeur, etc.).

Mais malgré l’exercice de style, Rodrigo Cortés a surtout voulu s’amuser avec Buried. "Ce film, c’est une sorte d’Indiana Jones dans une boîte", confie-t-il à Europe 1.

Des moyens minimalistes

L’aventure Buried était pourtant assez mal parti, aucun producteur à Hollywood ne voulant se lancer dans l’aventure. Le projet est resté dans les cartons un an, avec toujours la même réponse : bonne idée de base, mais impossible à tourner.

Rodrigo Cortés a donc fait avec les moyens du bord. Il s’est associé avec des producteurs espagnols pour un budget minimaliste de deux millions d’euros. Le tournage a duré 17 jours en Espagne, avec une équipe de quinze techniciens, et seulement deux caméras de 35 mn. Quant à Ryan Reynolds, choisi pour jouer Paul Conroy, il est plus connu pour être le "Monsieur Scarlett Johansson" à la ville que pour ses succès au box-office.

Des prix en rafale

Au final, le film a déjà rapporté plus de sept millions d’euros, a reçu le prix de la critique au dernier Festival du Cinéma américain de Deauville, et le Méliès d’or du Festival international du film de Catalogne. Certains journaux, comme le Los Angeles Times, le comparent déjà à Alfred Hitchcock.