Argo, thriller qui joue avec les nerfs

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Argo, thriller qui joue avec les nerfs
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Argo revient sur une histoire vraie, classée secret Défense jusqu’en 1997 : le récit d’un sauvetage périlleux en pleine révolution iranienne. 

Le thriller de Ben Affleck, sur les écrans le 7 novembre prochain, est d’ores et déjà un succès critique outre Atlantique. Après Gone baby gone (2007) et The Town (2010), Le troisième film de Ben Affleck, à la fois réalisateur et interprète, s’est hissé en tête du box-office nord-américain ce week-end, engrangeant une recette de plus de 60 millions de dollars au total.

Le film repose sur un scénario particulièrement original, tiré d’une histoire vraie.

En plein cœur de la révolution iranienne, le 4 novembre 1979, des activistes envahissent l’ambassade américaine de Téhéran et prennent en otage une cinquantaine d’Américains. Six diplomates parviennent à s’échapper et se réfugient au domicile de l’ambassadeur canadien. Alors qu’ils sont recherchés et menacés de mort par les gardes révolutionnaires, les Etats-Unis font appel à un agent de la CIA spécialiste de l’exfiltration, Tony Mendez (Ben Affleck), pour les sortir de là. Celui-ci imagine alors un sauvetage extravagant qui va devoir faire ses preuves devant le scepticisme général… Une opération très audacieuse digne d’un scénario de film. 

Découvrez la bande annonce du film :

 Argo, meilleure mauvaise idée

Plus c’est gros, moins c’est suspect, tel est le pari de Tony Mendez. L’agent décide donc de former, avec les six clandestins, l’équipe de tournage canadienne d’un film de science-fiction, en partie réalisé à Téhéran. Mais à la différence de la réalité, la fiction se doit d’être crédible et l’agent s’assure la complicité d’Hollywood. Il mise sur un faux film, monté par de vrais spécialistes.

Les Studios Six Productions créés en seulement quatre jours à l’occasion du sauvetage, se sont d’ailleurs révélés si crédibles, que 26 scénarios lui ont été envoyés, dont l’un d’eux signé… Steven Spielberg, rapporte le vrai Tony Mendès dans un récit détaillé de sa mission sur le site de la CIA. 

Tony Mendès s’entoure donc de l’expert des effets maquillage John Chambers (John Goodman) et du producteur Lester Siegel (Alan Arkin). Sur un coin de bureau, parmi les dossiers oubliés, il tombe sur Argo une aventure fantastique qui n’a pas trouvé preneur. Le scénario idéal. Paysage lunaire, Mars ou le désert, peu importe. C’est l’exotisme qui prime pour Tony Mendes, seul moyen de justifier le tournage.

Reste à encadrer la petite équipe, pas vraiment préparée pour ce genre d’aventure. Six acteurs amateurs embarqués dans un faux film plus vrai que nature et qui pourtant, n’ont pas le droit aux faux pas.

A bout de souffle

Une série d’embuches vient contrecarrer le plan, pourtant ficelé du réalisateur improvisé, qui laisse finalement souvent place à l’improvisation. Il lui faut canaliser l’anxiété des "Invités" tout en veillant à la bonne marche du projet.

Le film s’attarde sur la course contre la montre et dépeint avec réalisme les heures d’angoisse. Son réalisateur fait ainsi le choix d’adopter le point de vue de l’agent Mendès. C’est la réussite de sa mission qui compte pour le spectateur, au-delà de la survie de personnages auxquels il n’a pas vraiment eu l’occasion de s’attacher. En cela, l’efficacité dramatique du scénario est indéniable. C’est d’ailleurs l’un des beaux succès du film.

Ben Affleck sait raconter les histoires et maîtrise l’art de captiver jusqu’au bout son spectateur. Avec Argo, il signe un film grand public à la fois distrayant et haletant.

Argo, le making-of :

 

Argo, de Ben Affleck avec Ben Affleck, Bryan Cranston, John Goodman. Sortie le 7 novembre, avec Europe 1.