Mieux comprendre l’infanticide

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Mieux comprendre l’infanticide
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En compagnie de la chercheuse Anne Tursz, Jacques Pradel revient sur ce sujet encore tabou.

De l’infanticide, la société ne retient souvent que des procès retentissants comme celui en 2009 de Véronique Courjault, reconnue coupable de l'assassinat de trois de ses bébés ou plus récemment celui de Céline Lesage, condamnée à 15 ans de prison pour avoir donné la mort à six de ses enfants. Deux affaires ultra-médiatisées mais où l’infanticide reste en partie inexpliqué.

Dans son livre, Les Oubliés, Anne Tursz, directrice de recherche à l'Inserm, démontre à quel point l’infanticide reste un sujet méconnu et sous-estimé en France. La chercheuse a mené une étude sur l'identification des morts suspectes du nourrisson sur une période de cinq ans (1996-2000) dans les hôpitaux et les tribunaux de trois régions : l'Ile-de-France, la Bretagne et le Nord-Pas-de-Calais. Les résultats sont édifiants : sur 247 morts suspectes, 32 étaient des infanticides, dont un ou deux cas de déni de grossesse.

Un sujet aussi tabou qui incite les professionnels concernés à refuser l’impensable ou à n’identifier l’infanticide que dans certaines catégories sociales. Or, d’après l’étude d’Anne Turz, toutes sont concernées.

Pour en savoir plus, Les Oubliés, Anne Tursz, Seuil, 2010.