Submarino : le verdict du jury

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Submarino : le verdict du jury
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Ils ont aimé, ils n'ont pas aimé. Les commentaires du jury d’avril de la bibliothèque Europe 1.

Submarino, de Jonas T. Bengtsson, aux éditions Denoël.

ILS ONT AIME

« Voilà un auteur que je découvre et que je recommande à tous. Difficile d’être indifférent à l’histoire de ces deux frères à qui la vie ne fait pas de cadeaux. Une histoire qui se déroule dans les bas fonds de Copenhague ou se mêlent drogue, sexe, alcool (…) Un roman noir à souhait qui fait vraiment froid dans le dos. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre ou l’on découvre un tableau sordide d’un Copenhague où la misère est constante tout au long du récit. »

Franck, Langueux (Bretagne).

« Ce roman de plus de 500 pages se dévore d’une traite, il a pour fil rouge l’enfance qui se transforme un jour en traumatisme indélébile, lorsque livrés à eux-mêmes, deux garçons ont vu sous leurs yeux leur jeune frère mourir dans son landau. On comprend tout au long de l’ouvrage à quel point ce fait issu de la misère totale deviendra le marqueur d’une dérive faite de trafics, de prison, de sexe et d’abus de drogues ou d’alcool. La violence gratuite y est omniprésente – contre soi et contre autrui – et le personnage central, Nick, expulse son sentiment de révolte et d’injustice à coups de poings et de shoots. (…) On retrouve tout au long du roman des scènes sordides, des personnages paumés qui ne distinguent plus la vie de la mort, il y a tous ces morts-vivants en errance qui en dépit de tout retombent inlassablement dans le caniveau de leur existence.L’écriture est vive, brutale, souvent émouvante dans le quotidien de toute cette galerie de portraits, car on nous ramène sans cesse à la cause originelle de ce vaste désordre psychique. Ce roman est vraiment l’un des meilleurs du genre et il nous interroge longtemps sur ce qui peut parfois conduire des êtres à la dérive. Il corrige nos préjugés. »

Raphael, Molay (Franche Comté)

« Dès le prologue, le ton est donné : deux frères, délinquants à la petite semaine, se réveillent après une nuit arrosée. Rien que de très normal pour deux anciens gamins de la Ddass, négligés par une mère en fugue perpétuelle. Sauf qu'ils ont hérité au passage d'un petit frère. Ce matin-là, ils retrouvent l'enfant mort dans son berceau. De ce gros malaise inaugural, le roman du Danois Jonas T. Bengtsonn ne va pas se départir. La suite aligne les notes en mode noirceur. Des bas-fonds de Copenhague, où glissent les ombres des junkies, prostituées et SDF, au monde des vivants, la ville, sa norme sociale, l'auteur installe le climat hostile, brutal, qui va atomiser ses personnages. Devenu adulte, le plus jeune des frères, Nick, survit entre un foyer crasseux et un club de sport où il devient le larbin de culturistes gavés de stéroïdes. Son chemin croisera celui d'un détraqué sexuel. A quelques kilomètres de là, un "fantasme d'architecte" s'est transformé en "la plus grosse communauté de chômeurs immigrés et alcooliques" : c'est là que vit le grand frère, héroïnomane cherchant tant bien que mal à élever son fils.Avec Jonas T. Bengtsson, ce qu'on appelle "l'enfer social" trouve ses lettres de noblesse. Submarino est une tragédie âpre, un nettoyage à sec de l'humain, porté par un style direct et sans ambages.Submarino s'inscrit dans la pure tradition du roman noir, du côté des marginaux et des vies sans soleil.A défaut de remède, Bengtsson prive ses héros du moindre espoir, ne laissant pas une lueur filtrer. La pauvreté comme un sable mouvant, sans un souffle d'oxygène, donne assurément de beaux et sombres romans. On peut aussi se dire que celui-ci ne perdrait rien de sa force s'il n'appliquait pas à la lettre le principe énoncé par son titre, Submarino : une méthode de torture qui consiste à maintenir la tête de la victime sous l'eau jusqu'à la limite de la noyade. »

Mickael, Clamart (Ile-de-France)

« Submarino est un livre triste et violent.C’est l’histoire de deux frères qui tombent dans la décadence et qui n’arrivent pas a s’en sortir. Apparemment, le Danemark n’est plus vraiment ce qu’il était et une fois lu ce livre, on le raye de notre liste des prochaines destinations touristiques.Très bon livre, bien écrit, mais une sensation de déjà vu pour ceux qui, comme moi, ont vu le film Transpotting. »

Philippe

ILS SONT PARTAGES

« Je n'ai pas été transporté par ce récit pourtant bien écrit et bien structuré. Roman trop sombre à mon goût. »

Julie, Lyon

ILS N'ONT PAS AIME...DU TOUT

« Gros bémol pour Submarino, rès déprimant et glauque, mais c'était apparemment l'effet recherché, donc...c'est plutôt réussi. »

Anaïs, Paris

« Je n’avais jamais lu auparavant un livre aussi noir et désabusé, et pourtant j’aime les histoires tristes. J’ai failli m’arrêter à la première partie, tellement j’étais mal à l’aise avec cette violence permanente, cette brutalité et notamment sexuelle, ce désespoir sur la vie. J’ai quand même entamé la seconde partie, qui m’a semblé un soupçon plus tenable du fait de la présence de cet enfant Martin, de son innocence et des efforts de son père pour lui offrir une vie d’enfant et pour l’aimer du mieux possible. Je me suis mise à croire à une rédemption possible pour son père cocaïnomane et dealer. Le suicide de ce dernier et la scène au cimetière sont d’une noirceur insoutenable et l’espoir n’est plus permis. Ce livre est cauchemardesque et vous habite longtemps après l’avoir lu. Les personnages sont attachants du fait de leur passé très douloureux et des efforts de vie qu’ils réalisent mais la violence est trop grande, l’absence totale d’horizon un peu positif est étouffante. Je n'ai pas aimé du tout. »

Sandrine, Cestas Gazinet (Aquitaine)