Le Bac pro ou le retour d'un mal-aimé

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Le Bac pro ou le retour d'un mal-aimé
Cette année, 205 000 candidats sont candidats au bac pro.@ MAXPPP
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SUCCÈS - 12% d'augmentation du nombre de candidats au bac pro cette année : c'est une embellie pour une filière autrefois délaissée. Comment l'expliquer ?

Ils sont 20.000 élèves supplémentaires à se présenter aux épreuves du bac pro cette année par rapport à 2013, 205.000 au total. C'est 30% du total des candidats, devant les postulants au bac technologique. Créé il y a 30 ans, il a longtemps été l'orientation par défaut pour des élèves aux résultats trop faibles pour prétendre au bac général. Proposant aujourd'hui 86 spécialités, le bac pro a trouvé une seconde jeunesse. 

Le choix volontaire du bac pro. "Cette année, sur mes 120 élèves de 3ème, 60 ont fait le choix de la filière pro pour l'année prochaine. Je n'en avais jamais eu autant !" C'est une principale-adjointe d'un collège d'Île-de-France qui dresse ce constat. Et un rapport de mars 2014 effectué par des chercheurs du CREN (Centre de Recherche en Éducation de Nantes) confirme ces chiffres à une échelle nationale. Leur enquête révèle une évolution significative de l'attitude des familles et des élèves : 87% des nouveaux entrants en filière pro l'avaient demandé en premier choix et 81% se disaient satisfaits de leur décision un mois après la rentrée. "Cela reste une orientation par défaut pour une minorité d'élèves et quelques parents peuvent continuer à voir ça comme une déchéance. Mais dans l'ensemble, les élèves font le choix d'une filière qui propose des enseignements pratiques. Le rectorat nous pousse aussi à vendre le bac pro. Il m'est déjà arrivé de dire à un élève : "Devenez plombier, vous gagneriez plus qu'un prof!"", confirme la principale-adjointe contactée par Europe1.fr.

Une réforme qui porte ses fruits ? En 2009, la filière pro était réformée, passant d'une durée de quatre à trois ans. L'étude du CREN souligne les effets positifs de ce changement. Les familles voient le bac pro comme moins stigmatisant puisque son déroulé est maintenant rigoureusement identique aux autres filières : seconde, première puis terminale. Mais cette réforme a son revers de médaille : elle a rendu l'apprentissage plus intensif car les élèves ont une année de moins pour absorber les mêmes contenus disciplinaires, de quoi décourager les moins motivés. Les taux de décrochage restent par conséquent importants (13% des effectifs en seconde, idem en première). Mais pour la principale-adjointe, "les élèves continuent à choisir la filière pro parce qu'elle apparaît comme la plus facile de toutes."

Poursuivre des études dans le supérieur. Autrefois étiqueté bac menant directement à un travail, l'Etat favorise aujourd'hui l'entrée dans le supérieur des bacheliers pro. Une loi de juillet 2013 leur réserve des pourcentages minimums dans les BTS. Une action qui concorde avec l'ambition grandissante des élèves. L'enquête du CREN révèle que 59% des nouveaux entrants en seconde pro ont "l'intention explicite de poursuivre des études après le bac". Mais en réalité, après sélection sur dossier, seuls 30% se font une place dans le supérieur. C'est toujours mieux qu'il y a 15 ans où ils n'étaient que 15%. Au final, deux tiers d'entre eux accèdent à leur diplôme de BTS. Un résultat honorable pour un bac en renaissance.

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