Route des vacances : la vitesse, un danger sous-estimé

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Route des vacances : la vitesse, un danger sous-estimé
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EXCLU E1 - Une enquête Ifop révèle que la moitié des conducteurs vacanciers roulent trop vite, bien qu'ils en aient conscience.

Vous êtes déjà en vacances ou vous allez bientôt l'être ? Les résultats de cette enquête vous concernent. L'institut de sondage Ifop a interrogé, pour Europe 1 et l'assureur MMA, 1.004 conducteurs de plus de 18 ans au sujet de leur comportement sur la route des vacances. Les résultats ne sont guère rassurants. La vitesse, responsable aujourd'hui de 26% des accidents mortels en France, est mésestimée par la majorité des Français.

Pressés d'être en vacances. Sur la route des vacances, sachez que quasiment la moitié des conducteurs que vous côtoyez (45%), dépassent les limites de vitesse. C'est particulièrement vrai pour les moins de 35 ans et les personnes conduisant seules. La période estivale est d'ailleurs propice aux accidents : le mois de juillet correspond souvent à un pic annuel de mortalité routière.

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Des "petits" excès surtout. Les différents types de voies ne sont pas concernés de la même manière. C'est sur les nationales que les conducteurs se lâchent le plus. 63% des conducteurs admettent rouler parfois à 100 km/h au lieu de 90. Les excès de vitesse sur autoroutes sont moins courants, seul un quart des conducteurs admettent rouler à 150 km/h au lieu de 130. Les grands excès de vitesse (plus de 170 km/h) restent très minoritaires. 

Les dangers de ces petits excès ne sont pas à minimiser. On meurt plus aujourd'hui sur les nationales que sur les autoroutes (296 contre 217 tués, conducteurs et passagers).

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Parisiens, tête de chiens ? Si une région se démarque par sa conduite sur la route des vacances, c'est l'Île-de-France. Les Franciliens sont plus nombreux à reconnaître faire des excès de vitesse lors de leurs départs. Et ils sont plus tête-brûlés sur autoroute : 40% des Franciliens roulent à 150 au lieu de 130 (contre 27% de la moyenne des sondés). 

Habitués à une circulation dense en Île-de-France, la moitié d'entre eux avance l'argument de la faible circulation pour rouler vite.

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Les conséquences de la vitesse méconnues. Distance d'arrêt ? Voilà un terme qui, pour les conducteurs, n'est qu'un lointain souvenir du Code de la route. À la question, "quelle est la distance d'arrêt d'un véhicule roulant à 130 km/h ?", seulement 1 conducteur sur 4 donne une réponse proche de la réalité (129 mètres). 34% d'entre eux donnent une distance inférieure à 100 mètres.

Rappelons que la distance d'arrêt est la distance nécessaire à l'arrêt de votre voiture, sans qu'il y ait collision avec le véhicule vous précédant. 

Pour calculer approximativement une distance d'arrêt, le nombre des dizaines de la vitesse doit être multiplié par lui-même. À 50 km/h, la distance d'arrêt est de 25 mètres (car 5x5=25).

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Rien ne sert de courir ? Les conducteurs, en plus de méconnaître les règles de sécurité liées à la vitesse, surestiment souvent le temps gagné en roulant trop vite. Quand on leur demande le gain de temps lorsqu'un véhicule roule à 140 km/h au lieu de 130 sur un Paris-Marseille, seuls 13% d'entre eux donnent une réponse proche de la vérité (25 minutes). 

Quand on touche au porte-monnaie.Ce dépassement de 10 km/h sur un trajet Paris-Marseille entraîne un surcoût de 45 à 50 euros en plein d'essence. Cet argument financier est celui qui fait le plus réfléchir les conducteurs. 80% d'entre eux affirment qu'ils seront désormais plus prudents.