Les Zoé en guerre contre Renault

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Les Zoé en guerre contre Renault
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Le constructeur a retenu ce prénom pour son prochain modèle, provoquant une levée de bouclier.

Après Mégane, Clio, voici Zoé. C’est le nom choisi par le constructeur automobile Renault pour un modèle qui sortira en 2012. Une voiture écolo "zéro émission". Malheureusement, le choix du prénom suscite une levée de bouclier et un avocat parisien vient de mettre Renault en demeure pour obtenir le changement de ce nom.

Un prénom, une marque

Derrière cette démarche se cachent l’association de défense de nos prénoms (ADNP), mais aussi plusieurs femmes prénommées Zoé qui ne veulent pas voir leur prénom attribué à une voiture. Et parmi elles, figure une jeune étudiante de 23 ans, qui, en plus de porter le prénom Zoé, a pour patronyme Renault.

Cette jeune femme adore son prénom parce qu'il est rare. C’est d’ailleurs pour cela que ses parents l’ont choisi. Alors lorsqu’elle entend parler de ce projet d’automobile, il y a 5 ans, Zoé Renault est sous le choc.

Pour la jeune femme, baptiser une voiture Zoé Renault, "est une atteinte à [son] identité" :

La jeune femme précise qu’elle ne veut pas d’argent, mais juste que son prénom ne soit pas assimilé à une voiture. Et elle n’est pas la seule à être en colère. D'autres Zoé, leurs parents, leurs proches font circuler une pétition sur internet pour que Renault renonce à son projet.

Une association a également été créée : l'association de défense de nos prénoms. Sa présidente, Catherine Lenoir, n’est autre que la maman d'une jeune femme qui prénommée Zoé. Elle craint que les petites filles appelées Zoé finissent par ne plus aimer leur prénom. Catherine Lenoir dénonce également l’appropriation des prénoms par les industriels pour nommer des produits.

Zoé comme "Zéro Emission"

Du côté de Renault, on explique que le nom n’a pas été choisi par hasard. "On a choisi le nom de Zoé, parce que ça sonne bien, et surtout parce qu'il y a le Z et le E comme Zéro Emission".

Cette affaire soulève, plus généralement, la question de l'utilisation des prénoms par les marques, comme Félix et César, les aliments pour animaux, ou encore Alice, pour le fournisseur Internet. Me David Koubbi, l'avocat à l'origine de la procédure, voit cette affaire Zoé Renault comme un cas d'école.

"Personne n’a envie d’appeler son enfant Mégane ou Clio aujourd’hui", souligne-t-il :

A terme, ses clients comptent sur une loi pour interdire l'utilisation des prénoms par les industriels.

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