Zone euro : la BCE maintient sa politique

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Zone euro : la BCE maintient sa politique
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L'institution estime que les mesures annoncées le mois dernier ont déjà contribué à assouplir les tensions sur le marché monétaire...

La Banque centrale européenne a laissé ses taux inchangés ce jeudi 3 juillet, conformément à ce que prévoyaient les économistes. Cette réunion suscitait moins d'attentes que la précédente, qui avait vu la banque centrale réduire son taux de refi de 0,25% à 0,15%, son taux de facilité marginale de 0,75% à 0,40% et placer son taux de dépôt en territoire négatif à -0,10%. Le gouverneur Mario Draghi avait par ailleurs présenté le mois dernier un arsenal de mesures additionnelles destinées à renforcer la croissance et écarter les craintes de déflation. Une politique inchangée "Les informations disponibles indiquent que la reprise modérée de l'économie de la zone euro s'est poursuivie au cours du second trimestre, les taux d'inflation étant bas, la croissance monétaire et du crédit atone", a expliqué Mario Draghi en ouverture de la conférence. Il a précisé que les anticipations d'inflation à moyen et long terme de la zone euro restent "solidement ancrées" à un niveau compatible avec l'objectif de maintenir la hausse des prix à un niveau inférieur mais proche de 2%. Le patron de la BCE s'est montré satisfait de constater que le train de mesures de politique monétaire décidé le mois dernier "a déjà engendré un assouplissement supplémentaire sur les marchés", qui a vocation à s'intensifier avec les autres opérations qui seront organisées ces prochains mois pour pousser les banques à prêter. "En produisant leurs effets sur l'économie, ces mesures contribueront à un retour du taux d'inflation à un niveau plus proche de 2%", selon le gouverneur de la BCE. Taux bas sur une longue période Mario Draghi a réitéré la "communication prospective" de la banque centrale, que les anglo-saxons appellent "forward guidance", en s'engageant à ce que les taux d'intérêt directeurs de la BCE restent sur leurs niveaux actuels pour une période prolongée. Le conseil des gouverneurs a aussi rappelé son engagement de faire usage d'instruments non-conventionnels, dans le cadre de son mandat, s'il devenait nécessaire de répondre à une période prolongée de faible inflation. La BCE a prévu de communiquer à 15h30 sur les modalités spécifiques du programme "TLTRO", annoncé en juin, qui doit permettre d'irriguer l'économie par le biais du crédit bancaire. Le plan a été conçu "pour améliorer le bon fonctionnement du mécanisme de transmission de la politique monétaire en favorisant l'octroi de prêt à l'économie réelle". Mario Draghi a confirmé que les travaux préparatoires s'étaient intensifiés concernant les achats fermes sur le marché des ABS. Accélérer la croissance L'analyse économique de la banque centrale n'a pas beaucoup varié. Les indicateurs économiques tendent à confirmer la poursuite de la reprise très progressive. La demande intérieure reste soutenue par la politique monétaire accommodante et par l'amélioration des conditions de financement, ainsi que la hausse des revenus réels. L'export est aidé par la reprise mondiale. "Cela étant, même si le marché du travail montre des signes supplémentaires d'amélioration, le chômage demeure important dans la zone euro et globalement, le niveau des capacités productives inutilisées reste élevé", a tempéré le gouverneur, qui a aussi noté que le rythme annuel de variations des prêts au secteur privé est resté négatif en mai. Quant aux risques entourant les perspectives économiques dans la zone euro, ils continuent d'être orientés à la baisse, notamment à cause des regains de tensions géopolitiques et de l'évolution de certains marchés émergents. Concernant l'inflation, les risques sur l'évolution des prix sont limités et globalement équilibrés à moyen terme. Pour finir, la BCE a fait savoir qu'elle ne se réunirait plus que toutes les six semaines à compter de 2015, et qu'elle publiera des comptes-rendus de ses réunions, à l'image des "minutes" de la Fed américaine ou de la Banque d'Angleterre.