Un "Plan B" pour Chypre dans la journée ?

  • A
  • A
Un "Plan B" pour Chypre dans la journée ?
Partagez sur :

Les autorités du pays s'activent pour trouver une issue à la situation des banques du pays. La BCE coupera son financement le 25 mars si aucun plan n'est trouvé...

Après l'échec patent du projet initial de plan d'aide européenne, Chypre recherche fébrilement un "Plan B". Le président chypriote, Nicos Anastasiades, doit rencontrer à ce sujet aujourd'hui les responsables des principaux partis du pays. Selon la presse chypriote, ce "Plan B" pourrait comprendre la nationalisation de fonds de pension et d'entreprises semi-publiques, une émission obligataire liée aux revenus attendus d'un gisement gazier découvert en 2011, et un maintien éventuel de la taxation des épargnants, mais pour les dépôts dépassant 100.000 Euros. En attendant, les Chypriotes vont devoir se serrer la ceinture puisque les banques de l'île, fermées depuis vendredi dernier, ne rouvriront pas avant mardi prochain, a annoncé hier soir un responsable du gouvernement. La Russie en première ligne ? Le gouvernement chypriote s'est retrouvé isolé après le rejet massif par son parlement, mardi, du plan de sauvetage de l'Union européenne, qui prévoyait une aide de 10 milliards d'euros en échange d'une taxation des dépôts bancaires censée rapporter 5,8 milliards d'euros. C'est cette dernière mesure qui a déclenché un tollé général à Chypre et ailleurs... Même Bruxelles a assuré que l'Europe n'avait jamais demandé à Nicosie d'imposer les comptes inférieurs à 100.00 euros, qui correspond au montant de la garantie européenne sur les dépôts bancaires mise en place dans l'Union après la crise financière de 2008. En revanche, l'UE préconise la taxation des dépôts supérieurs à ce seuil de 100.000 euros, une mesure qui concernerait en premier chef des milliers de ressortissants russes, qui ont déposé environ 20 milliards d'euros dans les banques chypriotes pour profiter d'un régime fiscal favorable. Depuis hier, le ministre des Finances chypriote se trouve d'ailleurs en Russie pour tenter de trouver une solution. Il souhaite notamment faire proroger de cinq ans, jusqu'en 2021, un prêt de 2,5 MdsE obtenu de Moscou en 2011 et qui vient à échéance en 2016. Nicosie espèrerait même obtenir de Moscou un nouveau prêt de 5 MdsE, mais les négociations n'ont pour l'instant pas abouti... Date-butoir au 25 mars La Banque Centrale Européenne a quant à elle maintenu hier la pression sur Chypre, en prévenant qu'elle pourrait cesser d'alimenter en liquidités ses banques, tant que l'île n'aurait pas accepté un plan de sauvetage. Dans un communiqué diffusé ce matin, la BCE indique qu'elle continuera à irriguer les banque centrale chypriote jusqu'au 25 mars, mais pas au-delà sans plan concret. Plusieurs responsables politiques européens, dont Angela Merkel et Jean-Marc Ayrault, se sont inquiétés publiquement du dossier chypriote, tandis que Dimitri Medvedev, le Premier ministre russe, a dénoncé la taxation des dépôts bancaires, accusant l'UE de se comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.