Tourisme : Fabius juge "impératif" de renoncer aux hausses de taxes !

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Tourisme : Fabius juge "impératif" de renoncer aux hausses de taxes !
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Les mesures vont à l'encontre de la promotion du tourisme voulue par le ministre.

Le ministre des Affaires étrangères ne décolère pas contre la forte hausse des taxes de séjour touristiques votée la semaine dernière par surprise par les députés. Dans un communiqué publié hier, Laurent Fabius a jugé "impératif de renoncer" à cette hausse des taxes de séjour. Ces hausses "sont dangereusement et totalement contraires à la promotion du tourisme qui est une priorité pour l'emploi et l'équilibre extérieur de la France", a ainsi estimé le Quai d'Orsay, devenu ministère de tutelle du tourisme depuis le remaniement ministériel d'avril dernier. Mercredi et jeudi soir, les députés ont adopté en première lecture deux amendements au projet de loi de finances rectificative pour 2014 : le premier amendement relève pour toute la France le plafond de la taxe de séjour de 1,5 euro par jour et par personne à ... 8 euros ! Le second amendement concerne uniquement la région parisienne, où sera créée une taxe supplémentaire de 2 euros par personne et par jour, destinée à financer les transports en commun en Ile-de-France. Cette nouvelle taxe rapporterait environ 140 millions d'euros de recettes attendues par an, estiment ses promoteurs. Les touristes mis à contribution pour financer les transports en Ile-de-France. M. Fabius, qui vient d'annoncer une série d'initiatives pour doper le tourisme en France, estime que ces mesures "adoptées sans concertation avec les professionnels et porteuses de distorsion de concurrence" sont "contradictoires avec l'engagement solennel" pris par l'exécutif de stopper "l'alourdissement inconsidéré des taxes".  Le ministre souligne en outre l'incohérence de ces taxes avec le fait que les députés sont en train de procéder à une étude d'ensemble de la fiscalité du tourisme. Quant aux hôteliers, ils ont vivement réagi en fin de semaine dernière. "Nulle part ailleurs dans le monde, les transports ne sont financés par une quelconque taxe sur le tourisme", a ainsi dénoncé Roland Héguy, président l'Umih, principale organisation patronale de l'hôtellerie, dans un communiqué. Se disant "scandalisé et en colère", M. Héguy a estime que "deux taxes en moins de 24 heures, sans concertation, pour un secteur créateur de richesses, c'est une première et c'est totalement irresponsable !"