Total : l'éventuel abandon de procédure dans l'affaire Erika fait "bondir" Eva Joly

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Total : l'éventuel abandon de procédure dans l'affaire Erika fait "bondir" Eva Joly
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La candidate à la présidentielle d'Europe écologie les Verts a dénoncé la "complicité entre Total et l'Etat"...

L'éventuel abandon de toute procédure à l'égard de Total dans l'affaire du naufrage de l'Erika fait "bondir" Eva Joly. "L'arrêt de la Cour d'appel de Paris est un arrêt très sage qui protège l'environnement et qui situe les responsabilités là où elles doivent être c'est à dire chez l'affréteur (...) qui est responsable du préjudice écologique (...) avant on ne dédommagé pas cela", a déploré la candidate écologiste à l'élection présidentielle, au micro d'Europe 1. La presse annonçait vendredi une possible annulation de toute procédure judiciaire dans l'affaire du naufrage de l'Erika, ce navire vieux de 24 ans affrété par la compagnie pétrolière française battant pavillon maltais, qui s'était brisé en deux le 12 décembre 1999 dans une tempête avant de sombrer, déversant 20.000 tonnes de fioul sur 400 km de côtes bretonnes. D'après "l'avis de l'avocat général et le rapport préparatoire au débat contradictoire devant la cour", cités par 'Libération', la Cour de cassation, plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français, annulerait la décision des deux précédents procès (première instance en 2007 et appel en 2009) qui avaient désigné Total comme responsable. La compagnie pétrolière française, ainsi que la société de certification italienne Rina, l'armateur italien Giuseppe Savarese et le gestionnaire du navire, Antonio Pollara avaient été condamnés "aux amendes maximales pour délit de pollution maritime et, au civil, à verser des indemnités de réparation pour préjudices "matériel, écologique et moral" Si la Cour de cassation venait à annuler la procédure, elle "protèger(a) toutes les grandes compagnies pétrolières lors de naufrages futurs. C'est ça l'enjeu", a martelé Eva Joly, ajoutant que "le danger, c'est qu'il y a une complicité entre l'Etat et Total pour obtenir cette décision de la Cour de cassation". "Ce n'est pas parce que Total a payé que ce n'est pas grave, c'est notre avenir qui est en jeu", a tenté de faire comprendre Eva Joly. Le groupe pétrolier a déjà payé en 2009 sans annulation possible 170 des 192,5 millions d'indemnités ordonnés en première instance en 2008, dont 153 pour l'Etat. Le Rina a payé le surplus, ainsi qu'une "rallonge" décidée en appel où l'addition totale est passée à 200,6 millions d'euros.