Temps partiel: entre précarité et insertion professionnelle

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Temps partiel: entre précarité et insertion professionnelle
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Dans une étude publiée lundi, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) explique qui se cache derrière ces formes d'emplois...

Dans un contexte de hausse globale de l'emploi essentiellement assumée par les femme et de la multiplication des statuts, le temps partiel s'est nettement développé, passant de 8,3% de l'emploi en 1975 à 17,9% en 2011. Dans une étude publiée lundi, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) explique qui se cache derrière ces formes d'emplois... Qui occupe un temps partiel ? Sans surprise, le temps partiel est majoritairement féminin (82,5%) et 31% des femmes salariées sont à temps partiel, contre 6,6 % des hommes. "Cela tient au fait que les femmes assument l'essentiel des tâches parentales et domestiques. De plus, elles travaillent majoritairement dans les secteurs tertiaires où le temps partiel est le plus développé", souligne le Cese. Le temps partiel est aussi davantage occupé par des jeunes, un peu plus du quart des moins de 25 ans étant dans cette situation, "soit qu'ils poursuivent leurs études, soit qu'ils n'ont pas trouvé d'insertion à plein temps". Les seniors ne sont pas en reste: près d'un quart des plus de 55 ans travaille à temps partiel. Transition vers la cessation d'activité, ce cas de figure traduit également "la fragilisation de cette tranche d'âge sur le marché du travail". Enfin, les salariés peu qualifiés sont davantage concernés. Ils représentent 50,9% des salariés (niveau inférieur au Bac) et comptent pour 64 % des temps partiels subis - c'est à dire des personnes déclarant occupées leur poste faute d'avoir trouvé un temps plein. Le temps partiel: de la précarité à l'insertion professionnelle ? "Le temps partiel est souvent durable et, lorsqu'il est associé à de faibles qualifications et/ou un faible nombre d'heures, il conduit à une situation que l'on peut qualifier de précaire", rappelle l'étude, même si plus de 70% des personnes à temps partiels sont en CDI. Le CESE appelle toutefois à ne pas faire de raccourcis. Le temps partiel peut évidemment être choisi ou constituer une transition vers le temps plein, en particulier pour les jeunes, les personnes sans qualifications qui acquièrent de l'expérience et les femmes qui reviennent sur le marché du travail après de longues interruptions. L'étude conclut toutefois que le temps partiel est souvent une forme d'emploi durable et qu'il permet partiellement l'intégration véritable au marché du travail. "Les enjeux concernent donc désormais à la fois les perspectives de développement des temps partiels, les publics concernés et les modes d'intégration au marché du travail. Sont également en question les pratiques des entreprises et les politiques publiques", concluent les auteurs de l'étude...