SNCM : le conflit s'enlise, l'exécutif plaide pour un redressement judiciaire

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SNCM : le conflit s'enlise, l'exécutif plaide pour un redressement judiciaire
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"Il faut un investisseur", mais ce ne sera pas l'Etat...

L'avenir de la SNCM s'assombrit... La compagnie maritime, qui assure depuis Marseille le trafic avec la Corse et l'Afrique du Nord, est plus que menacé à en croire Frédéric Cuvillier. Alors que le conflit des marins SNCM s'enlise, le Secrétaire d'Etat aux Transports a indiqué ce week-end dans un entretien de presse que l'avenir de la compagnie maritime passe désormais par un redressement judiciaire : "La vérité est que la situation de la compagnie est grave et qu'avec cette grève elle s'aggrave de jour en jour", juge Frédéric Cuvillier. "La situation décrite par la direction de l'entreprise laisse à penser que ce redressement passe par la voie du redressement judiciaire", a dit encore le Secrétaire d'Etat aux Transports dans un entretien accordé au quotidien La Provence et d'ajouter : "Je viens d'écrire en ce sens aux organisations syndicales". Trésorerie exsangue La SNCM est mise en danger après la décision de la Commission européenne de réclamer le remboursement de 440 millions d'euros d'aides d'Etat jugées illégales. En outre, la situation de trésorerie se tend un peu plus chaque jour, notamment avec la grève qui bloque toute entrée de revenus. Le manque à gagner quotidien lié à cette grève est d'ailleurs estimé à 500 kE. Ce défaut de trésorerie "pèse sur la pérennité de l'entreprise à court et moyen terme". Des scenarii de renouvellement de flotte ont été dressés mais, en l'état, la trésorerie de l'entreprise est devenue insuffisante pour financer les commandes des 4 nouveaux navires passées auprès de STX France. "Il faut un investisseur et nous nous y employons", assure Frédéric Cuvillier à "La Provence". L'Etat n'investira pas L'état n'envisage pourtant pas de jouer les créanciers : "Négocier prend du temps et l'Etat ne peut prendre ces sommes à sa charge. Il n'a pas à le faire. Il ne peut, de toute façon, légalement pas le faire", a indiqué Frédéric Cuvillier à La Provence. La bouée de sauvetage ne pourrait donc être lancée que par un investisseur privé. Une évidence résonne cependant sur les docks ; un changement s'impose : "Si l'on veut échapper au contentieux, il faut changer l'organisation de la société. Il ne faut pas qu'il y ait une continuité d'activité dans les mêmes conditions. Continuer de la sorte aboutirait à une liquidation dont nous ne voulons pas". Courants divergents... Du discours aux actes, le gouffre semble encore énorme... Gilles Bélier (négociateur) et Louis Gallois (ancien Commissaire à l'Investissement) ont été nommés, lundi, par le gouvernement pour établir un "plan stratégique de soutien aux compagnies de transport maritime françaises", alors que les syndicats réclament l'application immédiate, par le nouveau directoire d'Olivier Diehl, du plan de restructuration conclu en juin 2013. Il prévoit la suppression sans licenciement de 500 emplois sur 2.600 postes, et le renouvellement de la flotte avec l'achat de 4 navires. Seulement en l'absence de trésorerie, il n'est pas réalisable et les investisseurs potentiels, que sont la Caisse des Dépôts et Veolia via Transdev, ne souhaitent pas s'engager plus avant...