S&P déclare l'Argentine en "défaut sélectif"

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S&P déclare l'Argentine en "défaut sélectif"
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Les dernières tractations pour tenter de sortir le pays de l'impasse se sont soldées par un échec.

L'Argentine a été placée jeudi par Standard and Poor's dans la catégorie "défaut sélectif", alors que les dernières tractations pour tenter de sortir le pays de l'impasse se sont soldées par un échec. La note de la dette, qui était de CCC-, tombe à SD, ou "selective default", a annoncé l'agence de notation dans un communiqué. Buenos Aires n'a donc pas conclu d'accord avec les fonds réfractaires mercredi soir, et se retrouve une nouvelle fois en défaut de paiement, pour la deuxième fois en 12 ans "Malheureusement, aucun accord n'a été conclu, et la République d'Argentine va se retrouver de façon imminente en situation de défaut", a déclaré mercredi soir le médiateur américain dans ce dossier, Daniel Pollack. Le ministre argentin de l'Economie, Axel Kicillof, a parlé à plusieurs reprises lors de sa conférence de presse à New York, à propos des fonds spéculatifs, de "vautours". L'Argentine a selon lui soumis à certains de ses créanciers les mêmes termes de remboursement que ceux qu'elle avait retenus pour le paiement d'autres détenteurs de titres de dette souveraine restructurés, mais en vain. Il a précisé que ce groupe de créanciers avait refusé la proposition de Buenos Aires. "Un événement concret et douloureux" L'objectif était de régler le contentieux sur le remboursement par l'Argentine de 1,33 milliard de dollars, plus intérêts, aux dits fonds ordonné par un juge américain. Dans le sillage de la défaillance de l'Argentine en 2001, ces "fonds vautours" avaient racheté des obligations d'Etat de Buenos Aires, lorsque ces titres ne valaient plus qu'une fraction de leur valeur d'émission (nominal). Depuis plusieurs années, compte-tenu du redressement des finances de l'Argentine, ces fonds ont refusé toute offre de restructuration de leurs créances, et ont lancé une action en justice aux Etats-Unis pour être remboursés de la totalité de la valeur nominale de cette dette. Pour Daniel Pollack, les conséquences d'un tel défaut sont imprévisibles, et certainement pas bonnes. Il ne s'agira "pas d'une simple mesure technique, mais plutôt d'un événement concret et douloureux qui touchera des gens", a-t-ilajouté. La "vraie victime, au bout du compte, ce sera l'Argentin de la rue", a conclu le médiateur.