Retraite : la réforme annoncée ne satisfait personne à l'exception de la CFDT...

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Retraite : la réforme annoncée ne satisfait personne à l'exception de la CFDT...
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FO et la CGT maintiennent leur journée de mobilisation alors que le Medef s'insurge contre l'absence de réforme structurelle...

Une réforme des retraites insatisfaisante. C'est en somme l'avis de la plupart des parties prenantes ce mercredi matin, alors que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault en a dévoilé hier les principales mesures. Elle doit combler d'ici à 2020 un besoin de financement estimé à 7,5 milliards d'euros pour le seul régime général. Comme annoncé, l'âge légal de départ en retraite ne sera pas repoussé alors que la durée de cotisation sera portée à 43 annuités à l'horizon 2035 contre 41,5 jusqu'à présent. En outre, elle n'interviendra pas avant 2020. Jean-Marc Ayrault a également annoncé la mise en place d'un compte pénibilité et des mesures en faveur des femmes et des jeunes (prise en compte des périodes d'apprentissage notamment). Pas de hausse de la CSG Côté financement, évoquée comme une piste sérieuse un temps, la CSG ne sera finalement pas augmentée pour "solliciter le moins possible les ménages", a souligné Jean-Marc Ayrault, alors que le taux d'imposition en France bas des records. Finalement, ce sont les cotisations employeurs comme salariés qui seront revalorisées de 0,15 point en 2014, puis de 0,05 pour les trois années suivantes, ce qui devrait rapporter 2 milliards d'euros en 2014 et 4,4 milliards en année pleine à l'horizon 2020. En contrepartie, une refonte de la branche famille de la Sécurité sociale destinée à baisser le co�"t du travail a été annoncée. Les retraités mis à contribution Comme le recommandait le rapport Moreau, les retraités seront également mis à contribution, sous la forme de la fiscalisation de la majoration de 10% des pensions dont bénéficient ceux qui ont eu au moins trois enfants. Par ailleurs, la revalorisation annuelle des pensions en fonction de l'inflation sera reportée de six mois, du 1er avril au 1er octobre, ce qui équivaut à un gel de six mois du niveau de celles-ci en 2014. En revanche, la réforme ne prévoit ni l'alignement du public sur le privé, ni la révision des régimes spéciaux. Seule la CFDT se réjouit Que ce soit du côté des syndicats ou du patronat, la réforme annoncée ne satisfait personne. Le Medef déplore "l'absence de véritable réforme structurelle". Surtout, le patron de l'organisation, Pierre Gattaz s'insurge contre les hausses de cotisations annoncées. "Il est irresponsable aujourd'hui d'augmenter les charges et les contraintes sur les entreprises. (...) La seule façon de relancer la croissance, et donc l'emploi (...) est de baisser massivement le co�"t du travail et les charges pesant sur les entreprises". Pour la CGT, la réforme "pénalise les salariés et la jeunesse". Allonger la durée de cotisation, alors qu'ils entrent de plus en plus tard sur le marché du travail est un signe clair de cette défiance, estime le syndicat dans un communiqué. FO partage le même point de vue et maintient la manifestation du 10 septembre. En revanche, la CFDT estime avoir obtenu "des mesures de justice", tout en restant vigilante sur "leur concrétisation".