Qui sont ces salariés qui refusent de travailler pour préserver leur santé ?

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Qui sont ces salariés qui refusent de travailler pour préserver leur santé ?
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Ce droit de retrait existe depuis 30 ans...

Pour préserver leur santé ou leur sécurité,  12% des salariés français ont interrompu ou refusé une tâche en 2010, d'après les résultats d'une enquête publiée par la Dares. Depuis 30 ans, le code du Travail reconnaît ce droit à l'insubordination pour l'ensemble des salariés.  Quel est le profil de ces "rebelles" ? Un droit de retrait qui touche toutes les professions Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les salariés déclarant avoir interrompu ou refusé une tâche pour leur sécurité exercent des métiers très différents. Les proportions sont quasiment semblables pour tous les secteurs : 17% dans "la production et distribution d'eau", 15% dans "le transport & l'entreposage", 13% dans les activités de services administratifs ou encore 15% dans "l'action sociale et la santé". Certaines activités sont davantage à l'abri. Dans la finance, l'immobilier ou encore l'information/communication, moins de 10% des salariés ont eu recours à ce droit de retrait.  Par catégorie socioprofessionnelle, les ouvriers sont toutefois un peu plus nombreux (16%) que les cadres et professions intermédiaires (8%) à refuser une tâche. Les intérimaires plus nombreux à refuser une tâche La précarité de certains salariés ne semblent pas être un frein à cette insubordination puisque 16% des intérimaires ont refusé ou interrompu une tâche pour préserver leur santé, contre 13% chez les fonctionnaires et 12% chez les personnes en CDI. "Plusieurs pistes d'explications peuvent être avancées: une moindre crainte des conséquences éventuelles de leur geste, la  durée de leur mission étant de toute façon limitée; des expositions aux risques importantes; une  moindre insertion dans un collectif de travail, qui les met en situation de décider par eux-mêmes du danger excessif", souligne l'étude. Sept profils de salariés A partir des réponses des salariés, les auteurs de l'étude ont dressé sept profils type : 22% d'entre eux font partie de la catégorie des "peu exposés", c'est à dire "dont les conditions de travail sont plutôt meilleures et présentent peu de risques", par rapport aux autres. En outre, ils ont souvent vécu des situations déclenchant l'interruption ou le refus d'activité (comportement hostiles, agression du public ou des collègues). Viennent ensuite les "ouvriers de métier" (17%) qui exercent des tâche pénibles, les "stressés" (15%), pour la plupart cadres ou de professions intermédiaires. On retrouve ensuite "les OS fragilisés (14%) qui accomplissent des tâches répétitives et contraintes, mais aussi les "agressés"(13%). Ces derniers travaillent surtout dans le social ou sont en contact avec le public. Enfin, l'étude identifie "les harcelés" (11%), à savoir les salariés se sentant mal dans leur travail, en conflit avec leur  hiérarchie ou leurs collègues et les "isolés" (8%) "exerçant de façon détachée des métiers de service physiquement et psychologiquement exigeants"...