Pour Christine Lagarde, la politique monétaire de l'Europe "patine dans le vide"

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Pour Christine Lagarde, la politique monétaire de l'Europe "patine dans le vide"
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Le bas niveau des taux d'intérêt ne se traduit pas par des conditions de crédit acceptables pour ceux qui en ont besoin, estime la patronne du FMI...

La croissance économique mondiale devrait rester moderée cette année, même si la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) s'est voulue rassurante hier, face au club économique de New York. "Grâce aux actions des responsables politiques et monétaires, le monde économique ne semble plus aussi dangereux qu'il y a six mois", a-t-elle estimé. Politiques monétaires ultra-accomodantes Il reste cependant des points noirs : si la situation financière s'améliore, il n'y a pas encore de répercussions sur l'économie réelle. "Dans les circonstances actuelles, il est logique que les politiques monétaires participent à cette reprise en restant accommodantes", a souligné Christine Lagarde, avant la réunion des banquiers centraux et des ministres des Finances du G20 à Washington, le 18 avril. Les politiques monétaires ultra-accomodantes adoptées par les banques centrales dans les pays développés inquiètent les économies émergentes, qui craignent un arrêt des flux de capitaux. "Pour le moment, ces risques semblent être sous contrôle", a rassuré Christine Lagarde, qui avait d'ailleurs salué il y a quelques jours la refonte de la politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ), qui constitue à ses yeux un soutien bienvenu à la croissance mondiale. L'Europe épinglée Le constat est bien plus sévère sur l'Europe. La patronne du FMI estime en effet que la politique monétaire "patine dans le vide". Le bas niveau des taux d'intérêt ne se traduit pas par des conditions de crédit acceptables pour ceux qui en ont besoin, à cause des dysfonctionnements qui affectent encore certains pans du secteur bancaire dans la région. "La priorité est de poursuivre la remise en ordre du système bancaire, soit par la voie de la recapitalisation soit par la voie de la restructuration, voire, si nécessaire, la fermeture de banques", a-t-elle déclaré. Selon la patronne du FMI, en plus de la refonte du système bancaire, les pays européens doivent également maintenir en place des politiques budgétaires rigoureuses pour faire baisser le niveau de la dette. Mais... tout est affaire de dosage, puisque les baisses des dépenses publiques ne devaient pas être radicales ni intervenir trop tôt. "A notre avis, tout est question de tempo. Les mesures de réformes ne doivent pas nécessairement être brutales ni être prises toutes d'un coup. Ceux qui sont sous pression financière doivent montrer leur aptitude à mener ces mesures tout en gardant à l'esprit les spécificités de la société."