Pour Century 21, la hausse des prix immobiliers est terminée

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Pour Century 21, la hausse des prix immobiliers est terminée
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Les prix dans l'ancien ont reculé de 1,9% en 2012 pour se situer à 2.614 euros le mètre carré...

Les prix de l'immobilier ancien ont reculé de 1,9% en 2012 pour se situer à 2.614 euros le mètre carré (3.484 euros pour les appartements et 2.608 euros pour les maisons), d'après le pointage réalisé par Century 21, filiale de Nexity. Avec près de 900 agences en France, le réseau d'agences immobilières a réalisé un peu plus de 40.000 ventes dans l'ancien l'an dernier, en baisse de 16,4% par rapport à 2011. Il se satisfait d'ailleurs d'avoir mieux résisté que l'ensemble du marché français puisque le nombre de transactions devrait tomber autour de 650.000 en 2012 contre 808.000 en 2011, soit une chute d'environ 20%. Si la chute des prix n'a donc pas eu lieu en 2012, en partie grâce à la baisse des taux d'emprunts tombés actuellement à leur plus bas historique, la forte baisse des volumes de transactions traduit un marché où les vendeurs n'ont pas pris conscience de la nécessité de baisser leurs prétentions financières. "Le comportement des acheteurs a changé, ils ne sont plus prêts à payer n'importe quel prix même s'ils en ont les moyens", explique le patron de Century 21, Laurent Vimont. "La hausse des prix est définitivement derrière nous", ajoute-t-il. Manque d'offres Laurent Vimont ne s'étonne pas pour autant que les prix ne reculent pas davantage, en rappelant que le marché immobilier ancien connaît un déficit structurel d'offres, estimé à 800.000 logements, que la faible construction de logements neufs ne parvient pas à compenser. C'est donc l'équilibre offre et demande qui reste la variable clé d'ajustement des prix. La carte de France montre d'ailleurs de grandes disparités dans l'évolution des prix en 2012, Paris ayant par exemple continué de progresser sur un nouveau record de 8.518 euros le mètre carré quand des régions comme la Normandie, le Nord-Picardie ou la Lorraine ont vu leurs prix reculer de plus de 5%. Globalement, partout en province où l'offre de logements est suffisante les prix baissent très significativement, une situation que ne connaît ni Paris ni les grandes agglomérations dynamiques comme Lyon. L'autre conséquence de cette année 2012 difficile pour l'immobilier ancien est une forte augmentation des délais de vente qui se sont allongés de neuf jours, d'après Century 21. Même à Paris, il fallait 59 jours en moyenne pour vendre un bien (+15 jours par rapport à 2011) et 77 jours en moyenne en Ile-de-France (+13 jours). Les stocks de logements à la vente se sont donc reconstitués, Century 21 disposant par exemple de 75.000 mandats à l'heure actuelle à comparer à 50.000 début 2012. Prudence pour 2013 C'est donc avec prudence que Century 21 aborde 2013, en considérant que seul un changement de comportement des vendeurs (autrement dit accepter de baisser les prix) apportera du dynamisme. Dans ces conditions, Laurent Vimont pense que si les taux d'intérêt restent stables, 2013 ne devrait connaître qu'une faible baisse des prix, de -1% à -2% car la pénurie d'offre devrait encore s'accentuer avec la faible construction de logements neufs. Mais si les taux venaient à remonter brutalement, Laurent Vimont prédit un véritable blocage des ventes qui entraînerait dans les mois suivants une correction des prix dans une proportion de -10% pour 1% de hausse de taux. Une chose est sûre, il s'attend à une année 2013 encore rude en terme d'activité avec une fourchette de seulement 550.000 à 600.0000 transactions... Le Président de Century 21 insiste toutefois sur le manque de visibilité sur les taux et sur l'absence de pérennité dans la fiscalité immobilière. Laurent Vimont se déclare d'ailleurs contre les dispositifs d'aide à l'achat dans l'ancien tel que le PTZ qui risque d'entretenir une hausse des prix. Le dirigeant estime que la solution doit venir de la construction neuve en rétablissant un équilibre d'offre et plaide pour une diminution des droits de mutation ciblés sur les primo-accédants sous conditions d'âge et de ressources. Laurent Vimont estime même que certaines régions pourraient offrir les droits de mutation à ces catégories pour relancer les transactions.