Peut-on envisager un CDI pour tous ?

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Peut-on envisager un CDI pour tous ?
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C'est ce que propose l'institut Montaigne

Alors que le CDI doit être la règle et le contrat court l'exception, la part des CDD dans les embauches ne cesse de progresser depuis 2008, atteignant près de 80% en 2009 contre une moyenne comprise entre 70% et 73% entre 2002 et 2008... Un usage massif qui ne permet pas de lutter contre le chômage et qui touche surtout les plus jeunes. Partant de ce constat, l'Institut Montaigne, laboratoire d'idées créé en 2000, s'interroge : Et pourquoi pas un CDI pour tous ? L'idée n'est pas nouvelle et peut paraître utopique mais l'institut propose de l'expérimenter en intégrant deux nouveautés, la première étant de définir un objet initial correspondant au but même du CDD actuel. A l'issue de la réalisation de l'objet, il pourrait donc y avoir licenciement. Quelle différence donc avec le CDD actuel? L'institut Montaigne propose d'inclure deux garanties supplémentaires : interdire la conclusion de plusieurs CDI à "objet défini" pour un même poste sans respect d'un délai de carence de durée et mettre en place une incitation sociale inspirée de la "contribution de solidarité" proposée par Pierre Cahuc et Francis Kramarz, c'est à dire une taxe payée par l'entreprise qui licencie. L'employeur devrait également rechercher un reclassement pour son salarié. La seconde nouveauté consiste à permettre la modification unilatérale - de la part du salarié ou de l'employeur - du contrat dans un cas bien précis puisqu'"à la rigidité verrouillée qui prévalait jusqu'à présent vient de succéder une souplesse qui doit être encadrée", estime le laboratoire d'idées. Il s'agirait de définir des points intangibles comme la rémunération fixe par exemple et ceux pour lesquels les parties s'accordent à l'avance de modifier. L'institut prend l'exemple de l'embauche d'un boulanger-pâtissier dont la fonction pourrait être ensuite limitée à la pâtisserie en cas de recrutement d'un nouveau boulanger. En juin dernier, l'Association des Directeurs de ressources humaines (ANDRH) proposait un contrat de travail unique, sans détermination de durée et qui se substituerait aux CDI, CDD, CDU ou intérim. L'objectif est le même: lutter contre la précarité. Les droits du salarié se renforceraient au fur et à mesure de sa présence dans l'entreprise. Par ailleurs, le contrat pourrait être rompu en cas de faute du salarié ou d'un commun accord. A l'origine de cette initiative, on retrouve les économistes Pierre Cahuc et Francis Kramarz, cités un peu plus haut. Les syndicats avaient alors craint un recours massif aux licenciements.