Pas de révolution chez Carrefour lors de l'assemblée générale

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Pas de révolution chez Carrefour lors de l'assemblée générale
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L'assemblé a approuvé la cession de Dia...

L'assemblée générale de Carrefour n'aura finalement pas tourné à la bataille rangée, même si des salariés ont manifesté leur mécontentement à l'intérieur et au-dehors de l'enceinte du Carrousel du Louvre, qui accueillait l'événement, et en dépit de nombreux commentaires acerbes formulés lors de la séance des questions par de petits actionnaires mécontents. Au final, les résolutions ont été adoptées, en particulier celles permettant au distributeur de se séparer de sa filiale de "hard discount" Dia en la plaçant sur le marché espagnol via une distribution de titres à ses actionnaires sous forme de dividende exceptionnel. Les dirigeants, qui s'attendaient à une matinée difficile après une série de contreperformance de l'entreprise et une chute du cours de bourse, avaient choisi de faire profil bas devant leurs actionnaires. "Vous êtes impatients, vous estimez que les choses ne vont pas assez vite... que les résultats ne sont pas à la hauteur de vos attentes", a lancé Amaury de Seze en guise de préambule, avant de demander une certaine indulgence car la direction n'en est qu'à "la 1ere année d'application d'un plan à 3 ans" et a démarré beaucoup de chantiers. Lars Olofsson, le directeur général de Carrefour, n'a pas apporté beaucoup plus d'éléments sur l'activité que ce qui avait été indiqué lors des comptes trimestriels, tout en reconnaissant les grosses difficultés de la filiale française, dont le sévère avertissement lancé vendredi résonnait encore dans les esprits. Lars Olofsson s'est donc employé à évoquer le plan de relance, passant notamment par le nouveau concept de magasins "Carrefour Planet", dont il a fourni quelques chiffres récents. Au 31 mai, les ventes des 4 magasins modèles sont ainsi en croissance de 10,9% (en accélération par rapport à 9,9% au 31 mars), tandis que les débits progressent de 10,2% (9,9% au 31 mars). Quant aux parts de marché, alors qu'elles reculaient en moyenne de -1,4% avant l'ouverture de ces enseignes, elles ont progressé de 1,5% depuis. Le directeur général a précisé que le concept est finalisé, et veut croire à un "véritable renversement de la tendance dans un contexte économique difficile" par ce biais. La suite de l'assemblée a consisté en un déroulement classique de telles réunions, hormis la présentation spécifique de Dia avant la scission soumise au vote des actionnaires en fin d'assemblée. L'opposition a dû rendre les armes puisque les résolutions ont été adoptées assez nettement, même si l'on était loin de la quasi-unanimité parfois constatée dans certaines entreprises. Le vote de confiance principal avait lieu sur la 7ème résolution, qui concernait la scission de Dia. Avec 77% de soutiens, et malgré 21,5% de votes contre, l'opération était validée, ouvrant la voie à une entrée du "hard discounter" sur la Bourse de Madrid début juillet. Les marchés retiendront certainement de cette longue assemblée de près de quatre heures que le principal projet porté par le duo Colony / Arnault a été entériné, et que Lars Olofsson a gagné un peu de répit pour tenter de prouver que la modernisation de son groupe sera efficace. Les témoignages des salariés sur le fonctionnement de Carrefour France laissent cependant penser que le chemin est encore long pour le dirigeant. Il bénéficiera quoi qu'il en soit pour cette mission de pouvoirs étendus : le président du conseil d'administration, Amaury de Seze, a annoncé en fin de réunion que les fonctions de président et de directeur général de Carrefour seront regroupées. Il laissera donc la double casquette à Lars Olofsson.