Parisot juge que la réforme des statuts est importante pour "la crédibilité du patronat"

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Parisot juge que la réforme des statuts est importante pour "la crédibilité du patronat"
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"Certains voudraient une opposition frontale au gouvernement et aux syndicats, et vous comprendrez qu'ils n'ont pas envie que je sois candidate", estime la patronne des patrons...

Le compte à rebours est lancé pour Laurence Parisot... C'est ce jeudi que la réforme des statuts doit passer devant le conseil exécutif du Medef, lui permettant peut-être de briguer un troisième mandat, si ce changement est voté à la majorité des deux tiers. "Un combat plus important qu'il n'en a l'air", aux yeux de la patronne des patrons. "Il en va à mes yeux de la force et de la crédibilité du patronat pour l'avenir. Des vérités doivent donc être rétablies, des non-dits dévoilés et des perversités déjouées", explique-t-elle dans une interview accordée aux 'Echos'. Deux de ses proches lieutenants, Patrick Bernasconi et Charles Beigbeder, ont récemment annoncé qu'ils voteraient contre cette modification, le premier estimant que cette initiative allait diviser les entreprises. "Ouvrir un débat fondamental pour la conduite du patronat n'est pas diviser le patronat mais lui donner l'occasion de réfléchir sur lui-même", juge Laurence Parisot."En prévoyant un premier mandat de cinq ans à la présidence du Medef et un second de trois ans, les règles actuelles créent une inégalité entre les candidats, mais surtout, transforment l'élection au second mandat en une cooptation", ajoute-t-elle. "C'est la porte ouverte à tous les marchandages et toutes les intrigues." Le patronat comme "outil de combat" "Certains voudraient une opposition frontale au gouvernement et aux syndicats, et vous comprendrez qu'ils n'ont pas envie que je sois candidate", estime Laurence Parisot. "D'autres, et j'en fais partie, préfèrent, tout en restant très fermes sur nos valeurs, un travail coopératif, constructif avec les syndicats et le gouvernement : nous ne concevons pas le patronat comme un club fermé qui devrait jouer la confrontation, nous voulons avancer", souligne-t-elle. Interrogée sur la violence à son égard au cours de cette campagne, Laurence Parisot estime qu'il y a peut-être "de la misogynie là-dedans, j'en ai subi pendant mes huit ans de mandat. Mais certains voudraient aussi se servir du patronat pour en faire un outil de combat systématique, quitte à risquer la paralysie de notre pays ou à favoriser le populisme", souligne-t-elle.