Moody's secoue l'Italie en dégradant 26 banques du pays

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Moody's secoue l'Italie en dégradant 26 banques du pays
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L'agence se fonde sur l'affaiblissement de leur solidité financière...

Les mauvaises nouvelles devraient continuer à affluer en Europe sur le front économique. Délaissant pour un temps la Grèce ou l'Espagne, c'est d'Italie dont on va parler ce matin, après la décision de l'agence Moody's d'abaisser les notations de 26 banques du pays, principalement sur le fondement de l'affaiblissement de leur solidité financière. Sur la totalité de ces établissements, 10 ont pâti d'un abaissement d'un cran, 8 de deux crans, 6 de trois crans et 2 de quatre crans. Les abaissements supérieurs à deux crans sont généralement exceptionnels. 21 des 26 banques ont aussi subi une dégradation d'un ou deux crans de leurs notes court terme, généralement mécanique après l'abaissement de leur note principale, qui concerne le long terme. Enfin, toutes les banques concernées sont toujours affublées d'une perspective "négative", qui signale que l'agence de notation estime que la situation est appelée à se dégrader encore à l'avenir. "Les notes des banques italiennes sont désormais parmi les plus faibles pour les pays européens avancés, ce qui reflète leur sensibilité à l'environnement économique adverse en Italie et en Europe", explique Moody's, qui justifie les abaissements prononcés cette nuit, à des degrés divers parmi les établissements, d'une part par l'environnement opérationnel qui se dégrade, d'autre part par le défi de l'affaiblissement de la qualité des actifs dans un contexte de profits plus faibles, et enfin par un accès restreint au marché du financement. De surcroît, et cela ne concerne pas que les banques transalpines, certains événements récents ont montré que des risques existent par rapport au contrôle interne et à la gestion des risques, ce qui accroît encore l'incertitude. Un certain nombre d'éléments sont cependant venus contrebalancer les décisions de Moody's, notamment les fortes liquidités mises à disposition des établissements de la zone euro par la BCE et le fait que plusieurs d'entre eux aient consolidé leur fonds prudentiels et continuent à générer des copieux bénéfices malgré les conditions économiques adverses. En conclusion, l'agence de notation rappelle cependant que les banques italiennes sont "particulièrement" vulnérables à des conditions opérationnelles adverses qui pourraient encore dégrader la qualité de leurs actifs, et limiter leur accès au financement. Le risque est accru par les inquiétudes des investisseurs concernant les finances publiques du pays, qui ont contribué à dégrader l'accès des banques aux liquidités.