Moody's sanctionne les banques françaises

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Moody's sanctionne les banques françaises
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L'agence a abaissé leur notation crédit...

Sans surprise, Moody's a abaissé la notation crédit des trois principales banques françaises cotées, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale. L'agence avait entamé une surveillance négative, c'est-à-dire la procédure aboutissant sous 3 mois en général à un abaissement, le 15 juin dernier, avant de la reconduire de 3 mois le 14 septembre suivant. En conséquence, l'échéance de la procédure approchait (14 décembre). Dans ses trois annonces distinctes du jour, le bureau d'études avance deux éléments communs. D'abord, l'importance des 3 établissements dans le système bancaire européen et a fortiori français font qu'ils seraient soutenus en cas de difficultés, si bien que Moody's a relevé leur note de soutien systémique. Ensuite, la perspective des notations reste "négative". Pour le reste, rien de bien surprenant : les conditions de marché pèsent sur le refinancement et la liquidité des 3 banques, fragilisées par leur exposition au risque souverain. Dans le détail, Moody's a réduit ce matin de "Aa3" à "A1" la notation crédit de la Société Générale, en conclusion de sa procédure de surveillance et a en outre abaissé de deux crans, de "C+" à "C-", la notation de solidité bancaire intrinsèque (dite "BFSR") de l'établissement. L'agence a aussi réduit de "Aa2" à "Aa3" la notation crédit du Crédit Agricole SA, et abaissé d'un cran, de "C" à "C-", la notation de solidité bancaire intrinsèque. Celle de BNP Paribas a été réduite de "Aa2" à "Aa3", et Moody's a en outre abaissé de deux crans, de "B-" à "C", la notation de solidité bancaire intrinsèque. Rappelons que l'agence bancaire européenne (EBA) a évalué hier les besoins en recapitalisation des principaux établissements financiers du Vieux continent à 115 milliards d'euros contre un peu plus de 106 milliards estimés fin octobre. En revanche, les besoins des banques françaises ont été revus en baisse à 7,3 milliards (8,8 milliards auparavant), dont 1,5 milliard pour BNP Paribas, 2,1 milliards pour Société Générale alors que le Crédit Agricole n'a besoin d'aucun fonds supplémentaire.