Les sociétés du SBF120 ont protégé leurs salariés et sacrifié les actionnaires en 2012

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Les sociétés du SBF120 ont protégé leurs salariés et sacrifié les actionnaires en 2012
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La rémunération des actionnaires a reculé, alors que la masse salariale a légèrement progressé...

En 2012, les entreprises du SBF120 ont joué la prudence en se constituant une importante épargne de précaution. Elles ont toutefois encore crée de la richesse et conservé leur masse salariale, d'après la deuxième étude sur le partage de la valeur, réalisée par Havas Paris. Les entreprises épargnent En période de crise et de ralentissement économique, les entreprises ont assuré leurs arrières, constituant une épargne importante de précaution, autour de 20% du cash-flow à fin 2012. Une épargne destinée à réaliser des investissements dans le futur, plutôt que de la reverser aux actionnaires ou aux dirigeants. "Les entreprises qui constituent le plus important matelas de liquidités sont aussi les plus profitables", soit 35% de leur cash-flow en moyenne pour les entreprises du CAC contre 5% pour celles du Next 80, précise Havas. La masse salariale et l'investissement productif protégés Contexte de prudence oblige, les entreprises du SBF120 ont réduit leurs dépenses, à quelques exceptions près. Au regard des données communiquées fin juin par ces sociétés, Havas estime ainsi que la masse salariale devrait progresser de 2% en moyenne cette année (+5% dans les services, +6% dans les médias et télécoms, +0% dans l'industrie manufacturière). Côté perspectives, Havas rappelle qu'il est encore trop tôt pour connaître l'impact des 60.000 suppressions de postes attendues cette année. Mais, petit clin d'oeil aux négociations actuellement en cours, l'institut souligne que "le fait de préserver simultanément emploi et niveau de salaire est spécifiquement français : l'Allemagne a négocié en 2007-2008, (...) des accords (...) pour préserver les emplois en échange de baisses de salaires allant jusqu'à 20% dans certains secteurs". Autre poste de dépense préservé : les investissements de production qui auraient progressé de 3% en 2012, et ce, quelle que soit la taille de l'entreprise. Celles du Next80 y consacrent toutefois davantage, en proportion, autour de 46 milliards d'euros sur un cash flow total estimé de 54 milliards, contre 50 milliards pour le CAC 40 sur un cash flow total estimé de 207 milliards d'euros... Les actionnaires au régime, les salaires des dirigeants en baisse A l'inverse, les entreprises du SBF rognent sur la rémunération des actionnaires, qui reculerait de 11% en moyenne en 2012, les secteurs les plus touchés par la crise étant les plus impactés (médias, télécom et services). Certaines sociétés ont suspendu "exceptionnellement" ces versements, dans un contexte tendu. Mais qu'en sera-t-il en 2013, s'interroge Havas. Les dirigeants ont vu aussi leur rémunération reculer en 2011 (celles de 2012 n'étant pas encore connues), de 11% en moyenne, celle des patrons du CAC40 progressant de 3% en moyenne alors qu'elle recule de 17% pour ceux du Next80". Elles suivent en outre, l'évolution des résultats des sociétés. Ce portrait 2012, fait des entreprises françaises une exception, qui devra être expliquée aux investisseurs étrangers représentant 40% du capital du SBF 120. "Exception française qui consiste à se doter d'une marge financière conséquente et à préserver, en période difficile, en priorité l'emploi et l'investissement", explique Bénédicte Hautefort, membre de Havas.