Les salariés de Total inquiets pour le site de La Mède

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Les salariés de Total inquiets pour le site de La Mède
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Le site, qui emploie 500 salariés, pourrait être selon la CGT l'un des "plus fragilisés" parmi les cinq raffineries du groupe en France.

Les déclarations du PDG de Total, Christophe de Margerie, qui veut "adapter" les activités françaises de raffinage à la baisse de la demande en produits pétroliers, inquiète les salariés de la raffinerie de la Mède, près de Marseille. Le site, qui emploie 500 salariés, pourrait être selon la CGT l'un des "plus fragilisés" parmi les cinq raffineries du groupe en France. "Nous n'avons pas d'autre choix que de bouger ! Cela veut dire qu'il y a encore des adaptations à faire sur les sites de Total en France", a déclaré Christophe de Margerie dans une interview publiée mercredi dernier par 'Ouest-France'. "Nous devons continuer notre politique d'anticipation et de reconversion industrielle, même si cela suppose de vrais changements", a-t-il ajouté. Après plusieurs semaines de conflit social et la fermeture de son site de Dunkerque en 2010, Total s'est engagé à ne pas fermer de raffinerie en France pendant cinq ans, un délai qui expirera l'an prochain. Et c'est ce qui inquiète la CGT : "On a une vision sur l'activité du site jusqu'à la fin 2015. Puis plus rien en 2016", a dit à la presse le secrétaire général du syndicat du site, Julien Granato. "Le moral est catastrophique, on attend des réponses concrètes car l'incertitude est intenable". La crise dans l'industrie du raffinage a provoqué la fermeture de plusieurs raffineries en France, qui ne sont plus qu'au nombre de huit, dont trois près de Marseille. En plus de celle de la Mède, Total exploite les raffineries de Normandie, de Donges, de Feyzin et de Grandpuits. Droit d'alerte économique Le comité d'entreprise a décidé le 20 ao�"t d'exercer un droit d'alerte économique avec un courrier à la direction du groupe, dont il attend la réponse. La direction a un mois pour faire connaître sa position. Sa réponse doit donc intervenir avant la journée des investisseurs prévue le 22 septembre à Londres, où Total devrait présenter un plan de réduction de co�"ts. Fabien Cros a confirmé la réunion d'un comité central d'entreprise consacré à la stratégie du groupe. "Il s'agit d'un CCE centralisé, l'un des deux CCE stratégiques inscrits dans l'année au calendrier. Il doit se tenir le 25 septembre", a-t-il déclaré à Reuters. La raffinerie de Provence, d'une capacité de 7,5 millions de tonnes par an, doit entrer à la mi-septembre en arrêt technique d'une durée minimale de trois mois pour une "remise en état". "En 2008, Total a investi 100 millions d'euros pour cet arrêt. Cette fois, le groupe ne prévoit que 50 millions. Ils'agit de permettre à l'outil de fonctionner, mais il est clair aussi qu'il n'y a aucun investissement voulu pour améliorer les capacités du site", souligne Fabien Cros.