Les jeunes quittent de plus en plus tard le domicile de leurs parents

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Les jeunes quittent de plus en plus tard le domicile de leurs parents
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Sans surprise, l'âge du départ dépend souvent de la profession des parents, mais aussi de leur nationalité.

Difficultés à trouver un premier emploi solide, et donc à payer un loyer... Les jeunes français quittent de plus en plus tard le domicile de leurs parents, selon une étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), qui a mené ses enquêtes sur des diplômés de 2004 et de 2007. Ces recherches montrent que 58% des jeunes adultes sortis du système éducatif en 2004 avaient quitté le domicile parental trois ans plus tard. Ils n'étaient plus que 54% pour la "génération" diplômée trois ans plus tard, soit une baisse de quatre points. Des chiffres qui peuvent être liés directement au marché de l'emploi. Ainsi, 14 % des jeunes diplômés en 2004 étaient toujours à la recherche d'un poste trois ans plus tard, et ce chiffre a grimpé à 19% en 2010. Les jeunes hommes ont plus de mal à quitter le nid : c'était le cas de 45% d'entre eux, contre 64 % des jeunes femmes, en 2010. La profession et la nationalité des parents Mais d'autres critères sont déterminants, à l'image de la profession de leurs parents. "A âge et diplôme donnés, les enfants d'agriculteurs ont 38% moins de chances que ceux des cadres de plus vivre chez leurs parents en 2010, les enfants d'employés 40% et ceux d'ouvriers 32%", écrivent les auteurs de cette étude. "Les jeunes dont le père ne travaille pas (chômage, retraite...), pour qui le soutien financier peut être plus limité, ont 36% moins de chances de quitter le domicile parental que les enfants de cadres", ajoutent-ils. Le niveau de diplôme Même phénomène pour les enfants d'étrangers, qui étaient 32% pour les hommes et 48% pour les femmes à ne plus vivre chez leurs parents en 2010, et selon la Drees, les discriminations subies sur le marché de l'emploi pourraient en partie expliquer ce phénomène. Par ailleurs, la facilité à décrocher son propre logement dépend aussi du niveau d'étude : "trois ans après la fin de leurs études, les jeunes peu ou pas diplômés vivent plus souvent chez leurs parents : c'est le cas pour 83% des jeunes hommes sans diplôme en 2010, contre 28% des diplômés de l'enseignement supérieur, et respectivement 60% et 18% pour les jeunes femmes", indique la Drees.