Les investisseurs américains en France non plus n'ont pas le moral

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Les investisseurs américains en France non plus n'ont pas le moral
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Ils déplorent notamment le manque de prévisibilité des projets de loi du gouvernement, selon une étude de la chambre de commerce américaine en France...

Les investisseurs américains en France n'ont pas plus le moral que les autochtones... D'après le 14ème baromètre Amcham Bain, réalisé par la Chambre de commerce américaine en France, leur perception de l'environnement économique recule pour la troisième année consécutive, "pour atteindre un nouveau point bas". Ainsi, seuls 10% des décideurs de filiales françaises de sociétés américaines interrogés tablent sur une amélioration du contexte économique pour cette année en France. Ils étaient 12% en 2012 et 21% en 2011. Ils sont par ailleurs 60% à estimer que le contexte s'est dégradé. Peu d'embauches En ce qui concerne 2014 et 2015, près de sept investisseurs américains sur dix (69%) anticipent une stabilisation ou une légère amélioration. Mais pas de quoi prévoir des embauches : seuls 19% comptent augmenter leurs effectifs nets sur cette période, révèle cette étude. Pourquoi l'attractivité de la France chute-t-elle aux yeux des Américains ? Ils étaient 56% à avoir une opinion positive du pays en 2011, contre seulement 13% désormais. Mais les investisseurs concernés "déplorent notamment le manque de prévisibilité des décisions et projets de loi du gouvernement", note la Chambre de commerce. "C'est illisible" Les récentes mesures, notamment en matière de fiscalité et de législation du travail, ne semblent pas du go�"t des investisseurs US, qui trouvent qu'il est "devenu plus difficile d'exercer une activité en France". "Le manque de flexibilité en France est compensé par les subventions d'Etat. Le problème est que ça donne lieu à une multiplicité de couches, et que vu des Etats-Unis, c'est illisible", estime par exemple un directeur financier du secteur des médias, interrogé pour cette étude. Point positif : la France a su montrer son attractivité dans certains domaines, comme sa situation géographique jugée plus attractive que celle de ses voisins européens par 81% des répondants, contre 74% en 2009. Ils apprécient aussi la qualification de sa main d'oeuvre, et son infrastructure. Un pays moins attractif A l'inverse, 88% pensent que le pays est moins attractif en termes de co�"t global de la main-d'oeuvre (69% en 2009). L'organisation du temps de travail et les procédures et co�"ts de licenciements sont également sévèrement notés. Dans le détail, les mesures du gouvernement Ayrault ne font pas franchement recette chez les Américains, à l'exception du Crédit impôt recherche (CIR), cité par 62% comme un facteur important d'investissement. Le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) ne suscite pas le même enthousiasme, la mesure la plus sévèrement jugée étant le projet de loi sur la consommation.