Les hommes plus fonceurs, les femmes plus douces ?

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Les hommes plus fonceurs, les femmes plus douces ?
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Une étude montre que le critère du sexe est rarement neutre lors d'un entretien d'embauche...

"Clairement il m'est arrivé de privilégier un homme dans un recrutement pour un poste de comptable, parce qu'il n'y avait que des nanas dans l'équipe, on se serait cru dans un poulailler !"... Cette phrase, témoignage d'un recruteur, est extraite d'une étude menée par le Centre d'études et de recherche sur les qualifications. Publiée mardi, cette enquête montre que lors d'un recrutement, le critère du sexe est rarement neutre. Au travers d'entretiens avec des employeurs, hommes et femmes, le Cerq note que "cette dimension est souvent décrite dans un premier temps de l'entretien comme un critère secondaire qui arrive loin derrière les compétences requises, l'expérience professionnelle, etc.". Pourtant, "les qualités attendues chez la personne que l'on souhaite recruter sont souvent assignées 'naturellement' à l'homme ou à la femme. "On n'a pas beaucoup de femmes commerciales parce que c'est un métier très difficile... il n'y a rien d'acquis, et puis il y a des objectifs à atteindre ! (...) Les femmes ont peut-être un peu plus besoin de sécurité", affirme ainsi le PDG d'une PME, interrogé dans le cadre de cette étude. Plus des mères que des assistantes Des femmes douces, des hommes brusques... Les présupposés ont la vie dure, à lire les témoignages recueillis par le Cerq. "C'est vrai que les femmes peuvent quelquefois être moins disponibles en temps, mais en revanche, elles sont beaucoup plus organisées que les hommes...elles perdent beaucoup moins de temps qu'eux et, finalement, elles sont beaucoup plus efficaces !", estime par exemple la responsable RH d'une grande entreprise. Rien de nouveau ici, même si le phénomène connaît ces dernières années un regain de vitalité, estime le Cerq. "Dans l'imagerie patronale et politique ambiante, tout semble donc prétexte à la mixité professionnelle, quitte parfois à valoriser et à promouvoir, paradoxalement, les 'différences' entre les femmes et les hommes", estiment les auteurs de cette étude. Les femmes sont ainsi censées porter des valeurs et des qualités "qui permettent d'humaniser les entreprises, le collectif de travail, grâce notamment à leurs compétences relationnelles". "Je cherche des assistantes plutôt jeunes. La moyenne d'âge dans les bureaux est de 30 ans... et à 50 ans, ce sont plus des mères que des assistantes ! Il faut quand même garder une cohérence dans les équipes...", explique ainsi la Directrice RH, d'une grande société.