Les gouvernements européens s'inquiètent de l'impasse politique à Rome

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Les gouvernements européens s'inquiètent de l'impasse politique à Rome
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Madrid évoque sa "préoccupation extrême", tandis que Berlin appelle à poursuivre les réformes...

Les premières réactions européennes se sont fait entendre ce mardi, alors que Rome semble plongée dans une impasse politique, à l'issue des élections législatives. Le centre gauche a remporté la majorité à l'Assemblée, mais l'issue reste incertaine concernant le Sénat, ingouvernable pour l'instant. Cette confusion politique pèse sans surprise sur les marchés qui redoutent une nouvelle crise financière en Europe. L'actuel président du conseil italien, Mario Monti, pour qui l'issue du scrutin est un désavoeu, doit s'entretenir ce mardi avec son ministre de l'Economie, Vittorio Grilli, et avec le gouverneur de la banque centrale, Ignazio Visco, d'après un communiqué officiel. A Madrid, José Manuel Garcia-Margallo, le ministre espagnol des Affaires étrangères a exprimé mardi la "préoccupation extrême" de son pays. "C'est un saut dans l'inconnu qui n'annonce rien de bon pour l'Italie ou pour l'Europe", a-t-il déclaré, repris par l'agence Reuters. Il s'est notamment inquiété des fluctuations éventuelles des écarts de taux d'intérêt sur les obligations souveraines, les fameux "spreads". "Nous espérons la formation d'un gouvernement stable", a indiqué de son côté le ministre de l'Economie Luis de Guindos. "Ce qui est bon pour l'Italie est bon pour l'Espagne. En fin de compte, ce qui prévaudra, c'est la volonté politique de prendre les mesures nécessaires pour que l'Europe sorte de la crise." "Les peuples ne sont pas prêts à passer sous la table" En Allemagne, les dirigeants appuient sur la nécessité pour Rome de poursuivre son travail de redressement des finances. "Il n'y a pas d'alternative aux réformes structurelles déjà en cours et qui prévoient la consolidation du budget et la stimulation de la croissance", a déclaré Philipp Rösler, le ministre de l'Economie, dans un communiqué. Côté français, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a évoqué auprès de l'AFP des résultats "compliqués" mais qui "ne remettent pas en cause les avancées de la zone euro". Il a appelé Rome à "se doter vite d'un gouvernement stable et solide". Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, lui renvoie la balle dans le camp allemand. "Les Italiens ont dit qu'ils n'étaient pas d'accord avec la politique imposée par les marchés", a-t-il déclaré, cité par l'agence Reuters, à l'occasion d'une rencontre avec la presse économique. "Je pense que les peuples ne sont pas prêts à passer sous la table et c'est la démonstration italienne", a estimé le ministre. Il a dénoncé "le verrouillage monétaire" de la zone euro. "Madame Merkel ne peut diriger seule l'Europe et fixer la parité (...) Je suis pour l'euro moins fort. L'euro est trop fort et il ne correspond pas aux fondamentaux économique", a-t-il dit. "Je suis très content de la baisse de l'euro et cette baisse doit continuer", alors que la devise est passée sous la barre de 1,31 dollar après l'élection italienne.