Les Euro-obligations toujours au centre des discussions

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Les Euro-obligations toujours au centre des discussions
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Paris et Berlin sont toujours divisés sur la question...

Les euro-obligations étaient bien au programme du sommet européen hier soir... Du moins s'y sont-elles invitées à l'initiative de François Hollande, qui en avait fait l'un de ses thèmes de campagne. Plusieurs pays estiment que la création de ces instruments contribuerait à stabiliser la situation budgétaire des pays les plus faibles de la zone euro. En profitant des meilleures "signatures" de la région, ceux-ci emprunteraient en effet dans de bien meilleurs conditions que celles qui prévalent actuellement. Le problème, c'est que cette mutualisation du financement de la dette est combattue par certains pays, généralement plutôt vertueux en terme de finances publiques, au premier rang desquels l'Allemagne. La position de nos voisins n'est pas difficile à comprendre : D'abord, en ouvrant la voie à des euro-obligations, Berlin paierait sans aucun doute plus cher son financement qu'en utilisant sa seule signature, l'une des meilleures du monde en la matière. Ensuite, et c'est ce qu'a de nouveau déclaré Angela Merkel hier, ces instruments n'auraient pas d'effet positif, selon son point de vue, sur la croissance. Enfin, des pays comme la Suède et la Finlande ont estimé que la création d'euro-obligations ne pousserait pas les pays brocardés pour leur gestion à des efforts budgétaires drastiques... Hier pourtant, le clan des soutiens aux euro-obligations a toutefois marqué des points. En premier lieu parce que le projet est revenu au coeur des discussions, à tel point que François Hollande a souhaité qu'il soit inscrit à l'ordre du jour du sommet européen de la fin du mois de juin, mais également parce des soutiens de poids se sont confirmés, tels la Commission et le premier ministre italien, Mario Monti, qui s'est à nouveau déclaré en faveur du projet et qui a rappelé qu'une "majorité des pays s'est dite en faveur des euro-obligations, même des pays qui ne sont pas dans la zone euro comme la Grande-Bretagne". L'argument britannique n'est sans doute pas de nature à influer sur le cours des choses, on connaît la ferveur de Londres pour les affaires bruxelloises, mais il montre que le sujet intéresse hors des frontières de la zone euro, à l'image de l'OCDE ou du FMI, qui semblent séduits par le principe de ces titres de mutualisation. Herman Von Rompuy, le président de l'Union Européenne, pourrait même, de son propre aveu, inclure la question des euro-obligations dans le rapport qu'il doit remettre le mois prochain sur l'approfondissement des liens entre pays membres. Si tel était le cas, François Hollande aurait ainsi marqué quelques points face à Angela Merkel, même si cela ne signifie pas qu'il aura gain de cause devant la chancelière allemande, dont tout le monde connaît la combativité politique quand il s'agit de défendre ses convictions et les souhaits des allemands.