Les devises et la croissance au menu du G20

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Les devises et la croissance au menu du G20
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Réunis à Moscou, les membres du G20 devraient notamment évoquer la situation du yen...

La nervosité domine ce matin le marché des changes, à quelques heures du coup d'envoi de la réunion des ministres des Finances du G20 à Moscou. L'Euro a chuté depuis hier sous le seuil de 1,34$ (1,3376$ ce matin) sous le coup de l'annonce, hier, d'une baisse plus forte que prévu, de 0,6%, du PIB de la zone Euro au 4ème trimestre... Quant au Yen, il se montre très volatil depuis quelques séances, après avoir plongé de 17% face au Dollar depuis la mi-novembre et de 23% face à l'Euro. Deux jours de réunion Réunis pour deux jours, les ministres des Finances des 20 plus grandes économies mondiales vont s'efforcer d'identifier de nouvelles "sources de croissance" pour l'économie mondiale et d'écarter le risque de "guerre des devises". La glissade du Yen devrait ainsi valoir au Japon un rappel à l'ordre du G20 contre toute manipulation des cours. Sans intervenir directement pour affaiblir le Yen, le nouveau gouvernement japonais de centre-droit, élu à la mi-décembre, mène une politique économique de relance par la planche à billet et fait ouvertement pression sur sa banque centrale pour inonder le marché de liquidités, ce qui a pour effet secondaire la chute du Yen. Les partenaires commerciaux du Japon craignent que cette politique ne déclenche une "guerre des devises", en donnant à d'autres pays l'idée de mettre en oeuvre des politiques de dévaluation compétitive afin de favoriser leurs exportations. Déjà, le Venezuela (non membre du G20) a dévalué sa monnaie de 32% il y a une semaine pour stimuler ses exportations de pétrole. Un rappel à l'ordre discret ? Il est toutefois probable que le G20 se contente d'un appel du pied poli à Tokyo, qui plaide de son côté la bonne foi : le Yen serait ainsi artificiellement surévalué depuis des années, et le Premier ministre Shinzo Abe s'efforce de lutter contre la spirale infernale de déflation/récession qui mine l'économie de son pays depuis deux décennies. Le FMI a lui aussi calmé le jeu en estimant que la crainte d'une guerre des devises était "exagérée". Le porte-parole du Fonds, Gerry Rice, a ainsi estimé hier que les "discussions sur une soi-disant guerre des monnaies semblent exagérées" et que les études du  FMI "ne révèlent pas d'écarts très importants sur l'appréciation des monnaies de référence". Tout au plus a-t-il admis qu'il fallait "garder un oeil" sur les fluctuations des devises et favoriser la coopération entre les pays du G20.