"Les défaillances d'entreprises ne présagent rien de bon" pour Euler Hermès

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"Les défaillances d'entreprises ne présagent rien de bon" pour Euler Hermès
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L'assureur-crédit a révisé en baisse ses projections de croissance pour cette année

Le tableau que brosse l'assureur-crédit Euler Hermes de la situation économique française à la naissance du second semestre 2013 est toujours inquiétant. L'équipe du chef économiste Ludovic Subran a révisé en baisse ses projections de croissance pour cette année, avec une contraction de -0,3% en vue pour le PIB, et pour 2014, lorsque la croissance se limitera à 0,4%. Voilà pour la partie émergée de l'iceberg. En ce qui concerne les tendances sous-jacentes, les défaillances d'entreprises ne présagent rien de bon, puisqu'elles demeurent à un niveau très élevé de 61.250 sur les douze mois courant de mai 2012 à mai 2013. Ce niveau n'est pas loin des points hauts de 1993, 1996 et 2009, les pires années récentes en la matière. Sur l'année 2013 entière, Euler Hermès craint 62.200 défaillances, et à peine moins en 2014 (61.800). L'assureur-crédit note que les grandes entreprises se mettent aussi à flancher. "Sur les cinq premiers mois de l'année 2013, les entreprises de plus de 15 millions d'euros de chiffre d'affaires affichent une hausse de la sinistralité de 15,7% et celles de plus de 200 employés de 33,3%", explique le président du directoire d'Euler Hermes France, Nicolas Delzant. Hausse des défaillances Le triste podium des défaillances de très grandes entreprises depuis le 1er janvier comprend Kem One, l'ancienne filiale d'Arkema, la société d'abattage et de découpe porcine GAD SAS et la chaîne de magasins Virgin, dont les chiffres d'affaires allaient de 700 millions d'euros pour le chimiste à plus de 300 millions d'euros pour le concurrent de la FNAC. Le cumul des revenus des 15 plus grandes entreprises en défaut en 2013 représente d'ailleurs la somme rondelette de 2,7 milliards d'euros. Sur les douze derniers mois, les travaux d'Euler Hermes ont montré que les trois-quarts des régions françaises avaient connu une hausse des défaillances, avec de fortes poussées en Auvergne, Pays de Loire, Champagne-Ardenne et Languedoc Roussillon, et des hausses sensibles en Picardie, Haute-Normandie, Rhône-Alpes et Midi Pyrénées. Le nombre de défaillances est en revanche en recul (modeste) en Basse-Normandie, Ile-de-France, Alsace, Lorraine et PACA. Quant aux remèdes choisis, les statistiques montrent deux types de situations marquées. D'une part la hausse de la part de liquidations dans le total des procédures, signe que la situation de certaines entreprises est particulièrement dégradée, et d'autre part le recours accru à la procédure de sauvegarde, qui intervient en amont de difficultés qui s'annoncent. Cette dernière ne représente cependant que 2,6% des procédures ouvertes. Plus inquiétant sur la gestion des entreprises en difficultés "à la française" : plus de 70% des entreprises qui sont entrées en redressement judiciaire ont finalement été liquidées, sur la base des données 2006 à 2010. Un total plus élevé qu'avant la crise.