Les banques françaises opposées au projet européen de réforme

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Les banques françaises opposées au projet européen de réforme
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Michel Barnier a présenté de nouvelles mesures pou renforcer la stabilité financière de l'UE.

Le projet de réforme bancaire proposé ce mercredi par la Commission européenne va pénaliser le financement des entreprises, estime la Fédération bancaire française. Le président de la Banque de France, Christian Noyer a également fait part de son désaccord. "Renforcer la stabilité financière" "Les mesures proposées renforceront encore la stabilité financière et feront en sorte que les contribuables ne paient pas pour les erreurs des banques. C'est aujourd'hui un cadre commun à l'échelle de l'UE qui est proposé, nécessaire pour éviter que des solutions nationales divergentes ne créent des failles dans l'union bancaire ou ne nuisent au fonctionnement du marché unique", assure pourtant le commissaire chargé du marché intérieur, Michel Barnier. Le projet présenté aujourd'hui - qui ne s'adresse qu'aux plus grands et plus complexes établissements - prévoit l'interdiction pure et simple du trading pour compte propre des banques et la filialisation d'activités comme la tenue de marché. En outre, la Commission veut attribuer aux autorités de surveillance "le pouvoir, voire dans certains cas l'obligation, d'imposer le transfert d'autres activités de négociation à haut risque (telles que la tenue de marché, les produits dérivés complexes et les opérations de titrisation complexes) pour séparer, au sein du groupe, les entités juridiques qui pratiquent la négociation ("filialisation")". Craintes du secteur bancaire La Fédération bancaire, qui regrette le manque de concertation des acteurs concernés craint qu'"à travers la filialisation de la plus grande partie des activités de marché, le projet remette notamment en cause la possibilité pour les grandes banques européennes continentales d'accompagner de façon efficace les entreprises". Selon elle, cela conduira à un renchérissement de ces activités et donnera un avantage compétitif aux banques américaines installées à Londres "qui, seules, seraient en mesure d'assurer le financement des entreprises sur les marchés". Il est aujourd'hui "indispensable que les banques universelles continuent à faire ce travail d'amener les entreprises sur le marché, de vendre les obligations à des investisseurs institutionnels, qu'elles puissent elles-mêmes assurer la liquidité de ces titres (...) que la tenue de marché reste dans ces activités", a estimé pour sa part le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, à l'occasion de rencontres parlementaires sur l'épargne. Il espère que ce projet restera "enterré".