Le Royaume-Uni ne veut pas de MyFerryLink à Douvres

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Le Royaume-Uni ne veut pas de MyFerryLink à Douvres
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L'antitrust britannique pense qu'Eurotunnel dispose d'une part de marché trop conséquente en étant présent à la surface et sous la Manche...

L'antitrust britannique n'en démord pas : MyFerryLink, la filiale d'#Eurotunnel|, doit être interdite d'opération à Douvres. Dans un avis publié ce matin, la CMA a confirmé de façon préliminaire ses conclusions antérieures, à savoir que la part de marché détenue par l'opérateur du tunnel sous la Manche est excessive sur la liaison entre Calais et Douvres, en prenant en compte ses trois ferrys. Elle précise avoir intégré les éléments nouveaux intervenus depuis son analyse de base, qui ne sont manifestement pas de nature à modifier son opinion. Part de marché excessive "La croissance du trafic sur la liaison Douvres Calais s'est révélée plus forte qu'anticipé, mais au moins deux des opérateurs de ferrys continuent à générer de lourdes pertes", écrit le régulateur, qui estime que si Eurotunnel est autorisé à poursuivre son activité sur cette ligne, un concurrent risque de jeter l'éponge, ce qui laisserait le groupe comme opérateur du tunnel et de l'un des deux seuls services de ferrys. La CMA a en outre écarté les solutions alternatives qui avaient été soumises par les parties, notamment l'hypothèse d'une gestion indépendante par la SCOP, car elle soulèverait trop d'incertitudes quant à son financement. "MyFerryLink est déficitaire et financé par Eurotunnel. Cela provoque un niveau de concurrence excessif sur la liaison Douvres Calais, et risque de provoquer le départ de l'un des acteurs", a expliqué Alasdair Smith, en charge du dossier au sein de l'antitrust, qui pense toujours qu'il est mieux, d'un point de vue concurrentiel, qu'Eurotunnel opère le tunnel et que deux opérateurs se concurrencent sur mer. Une analyse erronée de la situation, selon Eurotunnel Eurotunnel a rapidement réagi en fustigeant la position de la CMA, sans oublier de rappeler que la justice britannique avait rejeté en appel la première décision de l'autorité. "Groupe Eurotunnel croit qu'en prétendant qu'il n'y a eu aucun changement matériel du marché, la CMA cherche simplement à justifier son analyse initiale", écrit l'opérateur transmanche dans un communiqué, en estimant que le régulateur a ignoré que la croissance du marché a dépassé de 2% ses prévisions et que la compagnie DFDS continue d'opérer alors que la décision initiale était basée sur une sortie rapide du marché de cet acteur. En conséquence, le management pense que "la décision préliminaire du CMA est basée sur une analyse erronée quant aux évolutions significatives du marché des ferrys depuis 2012". En attendant, la CMA demande aux parties intéressées de formuler leurs remarques sur cette décision préliminaire d'ici au 3 juin prochain. Une décision finale devrait être publiée mi-juin.