"Le Premier ministre et le Président opposés à la soumission des oeuvres d'art à l'ISF"

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"Le Premier ministre et le Président opposés à la soumission des oeuvres d'art à l'ISF"
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C'est la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti qui le dit...!

Alors que la commission des Finances de l'Assemblée nationale a adopté hier un amendement de Christian Eckert (PS), visant à intégrer les oeuvres d'art d'une valeur supérieure à 50.000 euros dans le calcul de l'ISF, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti opposée à cette mesure, assure que le Premier ministre et le président de la République sont sur la "même ligne" qu'elle, dans un entretien accordé au journal 'Les Echos'. Protéger le patrimoine culturel français La ministre de la Culture justifie sa position - et donc celle du gouvernement - par le fait que cette exonération fait partie des "mécanismes constitutifs de 'l'exception culturelle'". D'autant que "la compétition internationale sur le marché de l'art est très forte, entre grandes métropoles occidentales, mais aussi avec la montée des nouvelles puissances comme la Chine". Les plus aisés et la Culture déjà mis à contribution La mesure qui vise à faire participer les plus aisés, n'est ici pas recevable, selon Aurélie Filippetti, car pour les ménages aisés "une taxation exceptionnelle à 75% sur les revenus de plus de 1 million d'euros", a été mise en place. Par ailleurs, elle souligne que le ministère de la Culture est déjà soumis à d'importantes coupes budgétaires. "De grands musées tels que Le Louvre, Pompidou ou le Quai Branly voient (déjà) leurs crédits baisser", rappelle-t-elle. Pour compenser ces baisses de crédits, elle rappelle que le gouvernement encourage le mécénat et que, 90% des collections nationales sont enrichies par des dations ou donations. Le projet de Christian Eckert prévoit cependant une exonération pour les oeuvres mises à dispositions de musées nationaux. Enfin, la ministre estime que les conséquences de la mesure pourraient être lourdes pour le marché de l'art et le gain en recettes publiques, très limité (pas plus de 50 millions d'euros).