Le patron du Medef s'attaque au smic

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Le patron du Medef s'attaque au smic
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Pierre Gattaz propose la création d'un salaire minimum intermédiaire pour permettre notamment aux jeunes de mettre un pied dans le monde du travail...

"Ne pas avoir de tabous", "tout mettre sur la table"... Pour le patron du Medef, le niveau du chômage est si élevé en France que toutes les idées sont les bienvenues. Lors de son point de presse mensuel mardi, Pierre Gattaz a donc lancé l'idée d'un "smic intermédiaire", estimant que le niveau actuel du salaire minimum "pose problème". Revalorisé le 1er janvier 2014, celui-ci s'élève à 9,53 euros bruts de l'heure. "Une solution consisterait (...), quand on recherche du travail, quand on n'en trouve pas, quand on est jeune ou dans certaine configuration, à rentrer dans une entreprise avec un salaire adapté de façon transitoire, pas forcément le niveau du smic", a déclaré Pierre Gattaz, repris par l'agence de presse Reuters. "Quelqu'un qui a le pied dans l'entreprise est à moitié sauvé et c'est beaucoup mieux que de le garder au chômage", a argumenté Pierre Gattaz pour défendre l'idée d'un "smic intermédiaire temporaire". "Au bord du précipice" Les gouvernements d'Edouard Balladur et de Dominique de Villepin ont déjà planché dans le passé sur un smic destiné aux jeunes, mais ces tentatives se sont soldées à chaque fois par un échec. "Nous sommes au bord du précipice, nous avons les plus mauvais indicateurs de toute l'Europe en termes de croissance et de chômage", s'est défendu le patron des patrons, en ajoutant que le pragmatisme, plutôt que la doctrine et le dogme, devait être privilégié pour créer des emplois. Plusieurs voix se sont élevées ces dernière semaines pour remettre le dossier du smic sur la table. L'ancien directeur de l'Organisation mondiale du Commerce, Pascal Lamy, estimait ainsi début avril sur la Chaîne Parlementaire qu'à "ce niveau de chômage (en France), il faut aller vers davantage de flexibilité". Expliquant savoir ne pas être "en harmonie avec une bonne partie de (ses) camarades socialistes" il estimait qu'il faut "aller vers des boulots qui ne seront pas forcément payés au SMIC", un "petit boulot" étant "mieux que pas de boulot".