Le parlement grec vote ce soir sur son prochain plan d'austérité

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Le parlement grec vote ce soir sur son prochain plan d'austérité
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Si le projet est adopté, Athènes devrait éviter une nouvelle fois de faire défaut sur sa dette...

La Grèce tente ce soir de franchir une nouvelle étape cruciale... Le parlement est appelé à se prononcer sur le plan d'économies supplémentaires de plus de 18 milliards d'euros imposés par l'Union européenne et le FMI. Si le projet est adopté, Athènes devrait éviter une nouvelle fois de faire défaut sur sa dette, mais, en cas de rejet, le pays sera à nouveau confronté au risque de défaut, qui entraînerait une sortie de la zone Euro, et aggraverait encore la récession dans le pays, a prévenu dimanche le Premier ministre Antonis Samaras afin de convaincre les élus contestataires au sein de sa coalition de voter le texte. Parmi les principales mesures proposées, l'âge légal de départ à la retraite sera repoussé de 65 à 67 ans, les pensions de retraite seront revues en baisse jusqu'à 25%, et le marché du travail sera dérégulé, notamment via une réduction des indemnités de licenciement. A Athènes, les syndicats grecs ont appelé à de nouvelles manifestations devant le parlement ce mercredi, qui marque le 2ème jour d'une grève générale de 48H00 dans le pays. Dans la foulée du vote prévu ce soir, le parlement doit aussi adopter dimanche prochain le projet de budget 2013, qui intègre les nouvelles mesures d'austérité et prévoit que la dette publique atteindra 190% du PIB l'an prochain et 170% en 2012, après 170,6% en 2011, l'objectif d'un retour à 120% en 2020 semblant de plus en plus hors de portée... Encore trois semaines pour le plan de sauvetage Un vote positif des élus grecs lors de ces deux scrutins ouvrirait la voie au versement par l'UE et le FMI de la prochaine tranche d'aide de 31,3 milliards d'euros à Athènes, mais aussi à un délai supplémentaire de 2 ans, pour permettre au pays d'atteindre ses objectifs de désendettement... Toutefois, ce délai se traduirait concrètement par un nouveau besoin de financement, estimé entre 20 et 30 milliards d'euros par les experts. Et sur ce financement, les créanciers de la Grèce ne parviennent toujours pas à se mettre d'accord. Selon le 'FT' du jour, les dirigeants de la zone Euro se seraient donné encore 3 semaines pour finaliser le plan de sauvetage définitif de la Grèce. L'une des hypothèses de travail consisterait à allonger la maturité des prêts à la Grèce, ou à réduire les taux d'intérêts versés par Athènes sur les prêts accordés par ses créanciers. Une telle mesure devrait toutefois être approuvée auparavant par plusieurs parlements de la zone Euro, dont ceux de l'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas, où le risque d'un refus d'aide supplémentaire est non négligeable... Le plan d'aide actuel de 130 milliards d'euros à la Grèce (après 110 milliards d'euros en 2010) prévoit des taux supérieurs de 150 points de base aux taux interbancaires, mais cette prime pourrait être ramenée à 80 points de base, selon des experts européens cités par le 'FT'. Des négociations compliquées En parallèle, des négociations difficiles se dérouleraient aussi entre les Etats européens et la BCE sur le sort des obligations d'Etat grecques détenues par la banque centrale. Celle-ci serait prête à revendre ces titres à Athènes à leur prix d'achat, renonçant à toute plus-value, mais les modalités de l'opération sont complexes, le statut de la BCE lui interdisant de soutenir directement un Etat membre. La BCE a acquis en 2010 des obligations grecques d'une valeur nominale de 40 milliards d'euros, avec une décote de 20%, ce qui représenterait pour Athènes un soulagement potentiel de 8 milliards d'euros si ces titres étaient rachetés à prix coûtant par la Grèce. Les détails d'un montage financier en ce sens s'avèrent toutefois complexes, et impliqueraient que les Etats européens octroient de nouveaux prêts à la Grèce pour qu'elle rachète ses propres obligations... En tout état de cause, l'objectif initial de ramener à 120% du PIB la dette publique grecque d'ici à 2020 semble désormais enterré définitivement, compte tenu de la gravité de la récession économique dans le pays, qui réduit les recettes de l'Etat. A la place, l'objectif pourrait se transformer en 125% à horizon 2022, selon des sources proches du dossier citée par le 'Financial Times'...