Le marché de l'emploi ne profite pas de la légère reprise de l'économie

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Le marché de l'emploi ne profite pas de la légère reprise de l'économie
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Le chômage de longue durée pèse particulièrement, selon l'OIT

Les frémissements de reprise économique n'ont encore eu aucun effet sur l'emploi, souligne l'Organisation internationale du travail dans un rapport rendu public ce lundi. Plus de chômeurs que de demandeurs d'emplois d'ici 2018 Selon l'organisation, l'économie mondiale devrait connaître une légère reprise cette année, avec une croissance de 3,6%, qui sera principalement tirée par un rebond de l'activité dans les économies avancées. Cependant, elle rappelle que par le passé, les prévisionnistes se sont montrés optimistes, et qu'il faut donc se montrer prudent. Sur le front de l'emploi, l'an dernier, avec un taux de chômage de 6%, le nombre de chômeurs dans le monde a augmenté de 5 millions pour atteindre presque 202 millions au total. Selon les projections de l'OIT, si la tendance actuelle se poursuit, il s'établira à plus de 215 millions d'ici cinq ans. En outre, "au rythme actuel, 200 millions d'emplois supplémentaires seront créés d'ici à 2018. C'est inférieur au niveau requis pour absorber le nombre grandissant de nouveaux arrivants sur le marché du travail", prévient-elle. Dans les économies développées et l'Union européenne , l'OIT prévoit que le taux de chômage passe de 8,6% en 2013 à moins de 8% d'ici 2018, soit toujours nettement au-dessus de son niveau de 2008. Des jeunes particulièrement exposés L'OIT s'inquiète particulièrement de la situation des plus jeunes. En 2013, près de 74,5 millions de personnes de la tranche d'âge des 15-24 ans étaient sans emploi, le taux de chômage des moins de 25 ans atteignant 13,1%. Il devrait légèrement progresser cette année, pour s'établir à 13,2%. Au sein des économies développées et de l'Union Européenne, il baisserait progressivement d'ici 2018 pour s'établir à 16% après une moyenne de 18,3% l'an dernier. Mais l'organisation s'inquiète d'autant plus de la situation des 25-34 ans, tranche d'âge qui a le plus souffert de la crise estime-t-elle. "Ils sont les premiers à subir des pertes d'emploi en temps de crise en raison de leur moindre expérience et ne bénéficient pas de la protection dont jouissent les travailleurs plus âgés. Dans le même temps , ils n'ont pas droit aux programmes spécifiques d'emploi destinés aux jeunes ou aux formations pour améliorer leur chances sur le marché du travail", peut-on lire dans le rapport. Lutter contre le chômage de longue durée L'OIT attire également l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de limiter la durée de chômage. Dans les économies développées, elle a doublé par rapport à la situation d'avant-crise. Or, ces longues périodes d'inactivité sont préjudiciables à l'économie, même en cas de reprise. D'abord parce que cela constitue une charge considérable pour les finances publiques, obligeant les gouvernements à augmenter les impôts ou à réduire les dépenses ailleurs, s'ils ne veulent pas creuser leur déficit. Ensuite, parce que les compétences de ces demandeurs d'emplois ne sont plus en adéquation avec les besoins du marché, poussant certains à se décourager. L'OIT estime ainsi que 23 millions de personnes auraient renoncé à chercher un emploi et abandonné le marché du travail. "Opérer un virage vers des politiques plus favorables à l'emploi et augmenter les revenus du travail permettraient d'accélérer la croissance économique et la création d'emplois", conclut donc le rapport.