Le "made in France" ne séduit pas vraiment les entreprises

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Le "made in France" ne séduit pas vraiment les entreprises
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Seules 19% privilégient les achats de biens et services produits en France...

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a choisi pour ses voeux 2013 de ressortir l'attirail du "made in France", en encourageant les Français à donner leur "préférence à un produit, un objet fabriqué sur notre sol". Pourtant, les entreprises semblent rester plutôt fermées à ce discours... Seules 19% des départements d'achat y voient un objectif fort, d'après une étude du cabinet AgileBuyer, réalisée en partenariat avec une association d'anciens élèves d'HEC. "Aujourd'hui, les entreprises ont pris l'habitude de vendre et d'acheter à l'étranger, c'est une des conséquences de la 'globalisation', elles ne se posent donc plus la question d'acheter 'made in France' ou non", souligne Olivier Wajnsztok, directeur associé d'AgileBuyer, interrogé par Boursier.com. Selon lui, pour qu'elles achètent sur le sol français, "ils faut qu'elles y trouvent un intérêt. Or en période de crise, elles vont d'abord chercher à réduire les coûts d'achat, à acheter toujours moins cher". Autre point faible : "Souvent à tort, les entreprises industrielles de l'hexagone traînent une mauvaise réputation : trop petites, fragiles financièrement, rigides 'socialement', non compétitives, peu solidaires les unes des autres", explique le cabinet d'étude, qui précise qu'il s'agit bien des achats entre entreprises et non du grand public. Chapeau tyrolien ou kilt écossais Les secteurs des équipements électriques et électroniques, de la chimie, du caoutchouc et du plastique, mais aussi de la santé et de l'action sociale sont les moins concernés par ces achats "made in France". A l'inverse, plus d'un tiers des services achats d'entreprises des secteurs de l'Eau, Energie et Gestion des déchets, du secteur bancaire et celui de la construction ont des objectifs sur le sol français. Olivier Wajnsztok note que certaines société doivent "par nature acheter localement, près de chez elles. Par exemple, le béton ne supporte pas le transport". Les achats en Europe n'attirent pas beaucoup plus les départements d'achat, puisque 17% d'entre eux disent y avoir des objectifs. "Le tablier bavarois, le chapeau tyrolien ou le kilt écossais n'ont pas plus de succès que la marinière", en déduit AgileBuyer.