Le G20 attend avec impatience un accord budgétaire aux Etats-Unis

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Le G20 attend avec impatience un accord budgétaire aux Etats-Unis
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Plusieurs responsables ont souligné jeudi que ne pas relever le plafond de la dette américaine pourrait être synonyme de chaos dans l'économie mondiale...

Le risque d'un défaut des Etats-Unis s'éloigne, mais ce dossier devrait être au coeur des discussions du G20 qui a démarré jeudi soir, avec l'espoir d'un prochain accord au Congrès assurant le fonctionnement de l'administration fédérale américaine. Plusieurs responsables du Groupe des vingt ont souligné jeudi que ne pas relever le plafond de la dette américaine, actuellement de 17.600 milliards de dollars, pourrait être synonyme de chaos dans l'économie mondiale. La crainte d'un défaut des Etats-Unis sur leur dette à partir du 17 octobre s'éloigne néanmoins... Hier soir, Barack Obama et les élus républicains ont entamé des négociations sérieuses en vue de relever le plafond de la dette pour six semaines, jusqu'au 22 novembre prochain. Les marchés financiers ont aussitôt rebondi dès que cet espoir de compromis est apparu : +2,2% hier soir pour le Dow Jones, le Nasdaq et l'EuroStoxx 50, et ce matin, l'indice Nikkei a fini en hausse de 1,48% à Tokyo... Accord formel vendredi ? Bien qu'aucun accord formel n'ait pu finalement être conclu dès cette nuit, les parties sont convenues de poursuivre leurs discussions aujourd'hui, et les analystes tablent sur un compromis, compte tenu des conséquences catastrophiques qu'aurait un manquement des Etats-Unis sur leurs échéances de dette... Les républicains semblent avoir enfin accepté de ne plus poser comme préalable un report d'un an de la réforme du système de santé, réforme-phare de Barack Obama. De leur côté, les démocrates auraient validé le fait d'entamer des négociations générales sur la réduction de la dette publique. Un accord formel pourrait être conclu dès ce vendredi, selon des parlementaires républicains. On ignore pour l'instant si cet accord permettra aussi de rouvrir rapidement les services non essentiels de l'Etat... Ceux-ci sont paralysés depuis le 1er octobre par le refus des républicains de voter le budget 2014 proposé par la Maison Blanche. L'opposition a cependant fait un pas en avant en acceptant hier soir que soient nommés officiellement des négociateurs sur ce problème de l'impasse budgétaire. Débat houleux Malgré ces réels progrès, la crise budgétaire américaine sera loin d'avoir été résolue à long terme... L'échéance du 22 novembre ne fait que repousser de quelques semaines le débat houleux sur la réduction à long terme de la dette publique américaine, qui dépasse les 100% du PIB. Le sujet avait déjà déchiré les partis politiques américains en 2011 et avait débouché sur un accord temporaire et des mesures exceptionnelles qui arrivent désormais à échéance... De leur côté, les principaux créanciers des Etats-Unis s'impatientent face aux atermoiements de la classe politique américaine. La Chine, premier créancier avec 1.280 milliards de dollars d'obligations d'Etat américaines dans ses réserves, a fait savoir hier qu'elle jugeait ces querelles "lamentables"... L'influent quotidien chinois 'China Daily' a ainsi estimé qu'"il est lamentable de voir que les Etats-Unis placent la fragile reprise de l'économie mondiale sous le coup d'une menace à répétition".