Le FMI appelle la BCE à abaisser ses taux directeurs

  • A
  • A
Le FMI appelle la BCE à abaisser ses taux directeurs
Partagez sur :

Les pays de la zone euro étant soumis à des politiques d'assainissement budgétaire, "c'est essentiellement à la politique monétaire qu'il revient de soutenir la croissance", fait remarquer le Fonds monétaire international dans l'actualisation de son rapport sur les perspectives de l'économie mondiale, publié hier. Cette politique monétaire, doit dans l'ensemble "rester accommodante compte tenu des risques de révision à la baisse des perspectives de croissance et de la faiblesse de la menace de pressions inflationnistes à brève échéance", poursuit le FMI appelant la BCE à "abaisser son taux directeur tout en continuant de recourir à des mesures non conventionnelles pour remédier aux problèmes de financement et de liquidité des banques". Le 4 avril dernier, la Banque centrale européenne a laissé ses principaux taux directeurs inchangés, après les avoir abaissé par deux fois en novembre et décembre derniers. Le principal taux se situe désormais à un niveau historiquement bas de 1%. La BCE a également mené deux opérations de refinancement à trois ans (décembre, février) qui lui ont permis d'injecter plus de 1.000 milliards d'euros dans le système financier. Interrogé sur la stratégie de sortie des mesures de politiques monétaires non conventionnelles, Mario Draghi a estimé au début du mois que le sujet était prématuré, ajoutant : "Je pense que le président de la BCE est celui qui a le dernier mot là-dessus". Car au delà d'une difficile reprise de la croissance, le taux annuel d'inflation en zone euro reste élevé, à 2,7% en mars (données Eurostat) contre un objectif de 2% fixé par la BCE. La banque centrale allemande (Bundesbank) redoute ainsi que les mesures non-conventionnelles entraînent des pressions inflationnistes et souhaiterait un retour à une politique monétaire plus orthodoxe. "Tous les outils nécessaires sont disponibles pour faire face aux risques haussiers sur la stabilité des prix", a tenté de rassurer Mario Draghi.