Le couple "Merkollande" encore boiteux...

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Le couple "Merkollande" encore boiteux...
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Malgré les efforts communs

Partenaires obligés en Europe, François Hollande et Angela Merkel se sont efforcés de ranimer la flamme du couple franco-allemand... Ce réchauffement reste malgré tout encore timide, tant il y a urgence à adopter des mesures fortes pour tirer  l'Europe de l'ornière de la récession... François Hollande a répété hier, un brin agacé, que la France était seule juge des réformes qu'elle devait entreprendre et qu'elle n'entendait pas se laisser dicter sa conduite. Et Angela Merkel, sans doute un peu nostalgique, a confondu un instant  François Hollande avec... François Mitterrand lors de la conférence commune ! Compromis sur la gouvernance Mais au bout du compte, des avancées ont été notées, dont la plus importante est un compromis sur la gouvernance, Angela Merkel ayant finalement accepté la mise en place d'un gouvernement de la zone euro, que François Hollande appelait de ses voeux... La chancelière a ainsi approuvé le principe de la tenue de réunions des ministres de la zone euro plus régulières (deux par an actuellement), et surtout la création d'un poste d'un président de l'Eurogroupe "à temps plein". Ce dernier serait doté de moyens renforcés et pourrait notamment mandater les ministres de l'Emploi ou de l'Industrie sur des projets communs. Longue tradition Paris et Berlin devraient ainsi être en mesure de proposer une contribution commune au sommet européen des 27 et 28 juin prochains, renouant avec une longue tradition interrompue l'an dernier après le changement de majorité en France. Il faut dire que depuis quelques semaines, François Hollande s'est rapproché du "modèle allemand", en soulignant à plusieurs reprises les vertus des réformes entreprises en 2003 par l'ex-chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. Ce dernier avait introduit à partir de 2003 plus de flexibilité et de modération salariale, ce qui a permis à l'Allemagne, pourtant considéré au début des années 2000 comme " l'homme malade  de l'Europe ", de retrouver rapidement sa compétitivité... Les réformes de M. Schröder ont toutefois été accueillies froidement par le PS français, qui les considère comme un recul social pour les salariés désormais moins bien protégés. L'"agenda 2010" a notamment créé des emplois à temps partiel rémunérés 400 euros par mois pour 15 heures de travail hebdomadaire... Agacements Au-delà de l'entente désormais affichée entre Paris et Berlin, de nombreux dossiers continuent de diviser les deux principaux pays européens : certains sont politiques, comme la Syrie (Paris est favorable aux livraisons d'armes à l'opposition, Berlin est très réservé), mais la plupart sont économiques : sanctions contre les panneaux solaires chinois (Paris est pour, Berlin mène la fronde contre), mise en oeuvre de l'Union bancaire européenne (Paris est pressé, Berlin prend son temps), création d'un marché unique d'Eurobonds (Paris milite pour, Berlin le juge prématuré)... Enfin, les dirigeants des deux pays ne sont pas d'accord sur le niveau de l'euro et le rôle de la BCE : l'Allemagne soutient un euro fort et une BCE indépendante, tandis que François Hollande a appelé l'Europe à adopter une "politique de change" commune, et a agacé Mme Merkel en applaudissant le Japon, dont la banque centrale a décidé en mars d'inonder le marché de liquidités, contrairement à la BCE...