Le BTP et l'automobile, secteurs sous pression en 2013

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Le BTP et l'automobile, secteurs sous pression en 2013
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Les économistes de LCL ont présenté leurs prévisions pour cette année

Chômage, hausse des prélèvements fiscaux, prudence des entreprises...  LCL, qui présentait ce jeudi ses prévisions pour 2013 secteur par secteur, table sur une croissance économique de +0,4% cette année pour la France. Un chiffre légèrement plus optimiste que celui d'autres prévisionnistes, car le Crédit lyonnais parie sur une baisse du taux d'épargne des ménages (à 16,2% au troisième trimestre 2012), afin de maintenir "un certain niveau de consommation". La consommation des ménages devrait donc progresser de 0,3% cette année. Du côté des facteurs défavorables, LCL pointe du doigt un taux de chômage élevé, à 10,5% en moyenne sur l'année, et ne prévoit pas, contrairement au gouvernement, d'inversion de la courbe en 2013. La progression moins dynamique des salaires, et l'accélération des prélèvements fiscaux et sociaux devraient également peser. Côté entreprises, LCL anticipe une quasi-stabilité des investissements (+0,1%), l'élément le plus pénalisant se trouvant dans des "débouchés domestiques et européens médiocres". L'absence de tension sur les capacités de production, et la faible progression de la valeur ajoutée, "dans un contexte qui reste morose", mais aussi une fiscalité alourdie par le nouveau gouvernement devraient freiner les ambitions des entreprises. Le commerce extérieur ne devrait pas aider (-0,2 point de contribution), plombé par la fragilité des partenaires du sud de l'Europe, notamment l'Italie et l'Espagne, mais aussi par les "problèmes structurels" (PME trop petites, offre pas assez compétitive...) Par ailleurs, les économistes du Crédit lyonnais redoutent un regain, en zone euro, de la crise de la dette, et des mesures de rigueur supplémentaires dans les pays périphériques. Ils tablent toujours sur une baisse du taux directeur de la BCE de 25 points de base en mars, à 0,5%. Suivant leur scénario, le taux OAT 10 ans "atteindrait 2,3% à la fin de l'année". L'aéronautique en forme Du côté des secteurs, le grand gagnant devrait être la construction aéronautique et spatiale avec une hausse de +2% de l'activité en volume prévue pour 2013 (+3% estimés pour 2012). "L'aviation commerciale tire ce segment, grâce à un relèvement des cadences et à un beau carnet de commandes engrangées l'année dernière, notamment par Airbus", analyse Bernard Monsigny, ingénieur conseil chez LCL. De son côté, la filière spatiale devrait bénéficier du lancement d'Ariane 6. De quoi provoquer "une montée en puissance" chez les sous-traitants. Le scénario est nettement plus sombre pour l'automobile et le BTP. Ce secteur devrait enregistrer une chute d'activité de 6,5% en volume en 2013. Le logement neuf notamment se replierait de 15%, pénalisé par une conjoncture économique morose, et des restrictions de crédit. "La maison individuelle (-13,6%) verra sa baisse s'accentuer, tandis que le logement collectif (-16,5%) sera durement affecté par la diminution des aides fiscales aux investissements locatifs", note LCL. Un retournement de cycle est aussi à prévoir pour le bâtiment résidentiel (-11,2%). Après une année noire pour l'automobile en 2012, avec une chute de l'activité en volume estimée à 14% , LCL table encore sur une baisse de 4% cette année pour les voitures particulières et les utilitaires légers (-2% pour les immatriculations de véhicules légers en Europe). "Les constructeurs continueront à souffrir d'un mix géographique défavorable, avec les difficultés des pays du sud", explique Bernard Monsigny. "Les ménages ne sont pas prêts à acheter, et le parc a été fortement renouvelé dans la foulée des offres de prime à la casse. Mais la situation aurait pu être pire, puisque les nouveaux modèles, tels que la Clio et la 208 auront un impact favorable, de même que les gros déstockages réalisés en 2012".