Le bilan d'Arnaud Montebourg, un "déstastre" pour Pascal Lamy

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Le bilan d'Arnaud Montebourg, un "déstastre" pour Pascal Lamy
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"Il n'a pas les bon chiffres en tête", estime le patron de l'OMC...

Le bilan d'Arnaud Montebourg ne convainc pas du tout Pascal Lamy... Le directeur général sortant de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) estime que "la France est un pays parmi les plus réputés, les plus reconnus, avec le Japon, les USA, l'Allemagne. Elle a une image forte mais une image de performance économique médiocre". Et ce n'est pas l'action du ministre du Redressement productif qui a arrangé les choses, aux yeux de Pascal Lamy. "Le GPS des Français est un peu détraqué", estime le directeur général de l'OMC. "Ils considèrent qu'ils sont un espèce d'îlot de bonheur provisoire dans un monde de catastrophe. Ce monde est dur, il est en voie de globalisation extrêmement rapide (...) Il y en a qui s'en sortent très bien, je pense de mon point de vue que la France a des tas d'atouts, elle ne les voit pas, ne les connaît pas. Nous sommes les champions du monde du pessimisme, alors que c'est faisable, d'autres y arrivent très bien". "Il n'a pas les bons chiffres en tête" Arnaud Montebourg avait déclaré en octobre dernier que "le bilan du libre-échange mondial proposé par l'OMC est un désastre". "Je ne veux pas faire de polémique, mais si vous voulez un exemple de GPS qui a des problèmes, c'est lui", a répondu Pascal Lamy. "Je pense qu'il n'a pas les bons chiffres en tête. Je pense que quand on regarde l'économie française dans le monde tel qu'il est, quand on dit que c'est la faute de la concurrence des Chinois, c'est pas ça. (...) Ils sont cinq fois moins productifs que les Français, même s'ils sont payés cinq fois moins". Cette mondialisation qui "sort des centaines de millions de gens de la pauvreté à ses bons côtés, ses mauvais côtés aussi (...), il faut la maîtriser, il faut la réguler". Quant à l''économie mondiale, elle ne "se porte pas mal" aux yeux de Pascal Lamy. "Mais il y a les pays développés, qui ne vont pas bien, et les pays en voie de développement, qui vont bien. Le monde a basculé l'année dernière. 2012 est une date dont les historiens se souviendront, c'est la première fois que la production des pays développés est inférieure à celle des pays en développement. Leur économie devient supérieure à celle des pays développés". "La croissance des pays riches, dans les 10 ans qui viennent, ce sont 2 ou 2,5% par an, celle des pays dits pauvres, c'est autour de 6% par an. Les européens n'en ont pas conscience", a-t-il estimé.