La très limitée culture financière des jeunes français

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La très limitée culture financière des jeunes français
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L'évaluation PISA menée sur des élèves de 15 ans montre que leurs connaissances financières sont moins bonnes que dans la moyenne des pays de l'OCDE.

Actuellement en France, 87% des 15-24 ans possèdent un compte bancaire ou une carte de paiement prépayée. Pourtant, même si les services financiers font partie de leur quotidien, les jeunes Français affichent une culture financière limitée. C'est ce qui ressort de l'évaluation PISA faite sur des élèves de 15 ans et dont les détails viennent d'être révélés dans une publication de l'OCDE. Un élève sur 5 s'arrête au premier niveau de difficulté "Les résultats des élèves français en culture financière sont inférieurs à la moyenne des 13 pays et économies de l'OCDE ayant participé à l'évaluation", note d'emblée le communiqué. Ainsi 19,4% des élèves français n'atteignent pas le niveau 2 des compétences (niveau de base), alors qu'ils ne sont que 15,3% dans ce cas dans l'OCDE. A ce niveau, les élèves sont au mieux capables de prendre des décisions simples sur les dépenses quotidiennes et de savoir ce qu'est une facture. A l'inverse, seuls 27,5% des Français arrivent aux niveaux les plus élevés (4 et 5) contre 31,6% dans l'OCDE.  Au total, le score moyen des élèves français est de 486 points (contre une moyenne générale de 500). Avec des résultats comparables à ceux de l'Espagne, de la Croatie ou de la Russie, la France se situe ainsi entre le 9ème et le 14ème rang sur 18 pays et économies ayant participé. C'est-à-dire loin de Shanghai (603 points) ou de la communauté flamande belge (541 points). Des inégalités selon le milieu La situation française étonne d'autant plus l'OCDE que les élèves français sont plutôt doués en mathématiques et en compréhension de l'écrit. Or en règle générale, les résultats en culture financière sont étroitement liés aux résultats en mathématiques et en compréhension de l'écrit (à hauteur de 76%, la culture financière à proprement parler n'entrant en ligne de compte que pour 24% de la note). L'étude pointe par ailleurs de fortes inégalités selon le milieu, beaucoup plus forte en tout cas que dans le reste de l'OCDE. Si les filles et les garçons ont des résultats comparables, les élèves de milieux aisés obtiennent en moyenne 50 points de plus que les élèves de milieux modestes. De la même façon, l'écart entre ceux qui ont un parent employé à un poste hautement qualifié et ceux dont les parents sont à des postes intermédiaires ou peu qualifiés atteint les 58 points. Mais à en croire l'OCDE, les écarts les plus importants tiennent surtout à l'origine des élèves. En France, les jeunes issus de l'immigration n'obtiennent que 419 points alors que les élèves dits "autochtones" atteignent les 505 points, soit une différence de 86 points. L'étude ajoute enfin qu'à milieux socio-économiques similaires, l'écart reste significatif avec 61 points.