La théorie du complot défendue par Jérôme Kerviel, du "délire" pour la SocGen

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La théorie du complot défendue par Jérôme Kerviel, du "délire" pour la SocGen
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La banque reproche à l'ancien trader de ne pas reconnaître qu'il a agi pour l'argent.

Aux yeux de la Société Générale, l'ex-trader Jérôme Kerviel qui se dit victime d'un complot " délire". L'ancien patron de la banque rouge et noir, Daniel Bouton a fermement réfuté cette thèse jeudi, alors qu'il été entendu à la barre dans le cadre du procès en appel du jeune homme de 34 ans, accusé d'être à l'origine d'une perte record de 4,9 milliards d'euros en 2008. Pour l'ancien trader, ses supérieurs l'auraient laissé prendre des positions illégales, afin de mieux cacher celles engendrées par les crédits immobiliers à risque. La direction de la SocGen aurait ainsi pris des positions occultes symétriques aux siennes et ensuite exagéré ses pertes. Jérôme Kerviel, depuis son premier procès regrette que la direction de la banque ne prenne pas ses responsabilités. Selon lui, elle n'a pu ignorer ses agissements, qu'il reconnaît d'ailleurs. Il n'a en effet jamais nié avoir pris des positions de 30 milliards d'euros en 2007 puis 50 milliards d'euros en 2008 sur des contrats "futures" portant sur des indices boursiers européens, mais aussi avoir pris des ordres fictifs censés couvrir le risque et avoir répondu aux interrogations par des faux. En revanche, la théorie du complot a fait son apparition dans ce second procès. Aucune preuve n'a pour le moment étayé la thèse de l'ex-trader. Une thèse qui ne tient pas plus pour Daniel Bouton. Selon lui, les décisions de Jérôme Kerviel ont simplement été guidées par l'appât du gain."Il ne veut pas s'avouer à lui-même qu'il a fait tout ça pour quelques millions", a-t-il dit. Le réquisitoire du parquet général est attendu la semaine prochaine.