La Russie, première victime de son propre embargo ?

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La Russie, première victime de son propre embargo ?
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L'agence Fitch Rating estime que l'interdiction d'importation est de nature à tirer les prix vers le haut.

L'embargo décidé par la Russie sur la viande, les produits laitiers frais, les fruits et les légumes en provenance de l'Union européenne, des Etats-Unis, du Canada et de l'Australie risque surtout de pénaliser... son marché domestique. C'est ce qu'explique Fitch Ratings dans une étude parue aujourd'hui. "L'interdiction d'importation ne provoquera pas de pénurie alimentaire en Russie et l'impact de court terme sera modéré", selon l'agence, qui pense cependant qu'elle est de nature à tirer les prix vers le haut, eux qui ont déjà atteint des sommets après la dévaluation du rouble au cours du premier semestre. La baisse des importations en provenance des uns sera graduellement compensée par la montée en puissance de celles des autres, "notamment de la viande d'Amérique Latine, du poisson asiatique et des fruits et légumes de Turquie, de Chine et du reste de la Communauté des Etats Indépendants". Les entreprises locales d'abord Paradoxalement, ce sont les entreprises russes du secteur de la transformation alimentaire qui risquent d'être le plus pénalisées. L'environnement va également se dégrader pour les distributeurs du pays. "Nous n'anticipons pas un impact conséquent sur les sociétés européennes à court terme, hormis peut-être pour les exportateurs de produits frais de base, car la majorité des entreprises avec une large exposition, à l'image de Nestlé, produisent la plupart de leurs produits en Russie même", précise Fitch. Hors entreprises russes, ce sont les producteurs américains de volaille qui devraient être les plus pénalisés. "La Russie n'est pas un gros importateur de boeuf et de porc américain, mais c'est le second marché pour l'industrie volaillère des Etats-Unis", indique l'agence de notation. Du côté des gagnants, Fitch identifie les producteurs sud-américains, au premier rang desquels les brésiliens, même s'ils renâclent à trop dépendre d'un seul marché, eux qui ont déjà subi l'aléa des règles sanitaires russes mouvantes. Pour autant, au second trimestre 2014, la Russie représentait 40% de l'export de porc et 23% de l'export de boeuf frais brésilien. L'embargo décidé par Moscou devrait renforcer le pouvoir sur le prix des producteurs brésiliens.