La réforme du statut de l'autoentrepreneur ne satisfait personne

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La réforme du statut de l'autoentrepreneur ne satisfait personne
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Artisans et autoentrepreneurs ont fait part de leur déception...

La proposition finale de la réforme du statut d'autoentrepreneur devait calmer les esprits et aboutir à un compromis. Que ce soit du côté des artisans ou des entrepreneurs eux-mêmes, les arbitrages présentés mercredi par la ministre du Commerce, Sylvia Pinel ne passent pas... Pour mémoire, le texte prévoit de limiter le statut à deux ans pour tous les secteurs, une fois dépassé le seuil de chiffre d'affaires. Il a été fixé à 19.000 euros pour les professions de services (artisanat et professions libérales) et à 47.500 euros pour le commerce. Une réforme "a minima" Pour les artisans, qui dénoncent la concurrence déloyale des autoentrepreneurs, la réforme est "trop timide" et l'harmonisation avec leur propre régime "trop lointaine". "Cette durée de deux ans,  trop longue (...) ne sera acceptable que si le contrôle des obligations légales et réglementaires applicables aux professionnels du bâtiment est rigoureusement effectué", prévient la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment. Autre déception pour la Capeb : "la troisième année de lissage des charges sociales et fiscales, cadeau supplémentaire fait au régime". Sylvia Pinel préconise en effet ce système pour les autoentrepreneurs qui basculeront dans le régime général, afin de préserver leur trésorerie. Enfin, la Capeb estime que le plafond fixé à 19.000 euros est trop élevé -soit environ le Smic- car il ne constitue plus, à ce niveau là "un revenu d'appoint". Fin de la simplicité des démarches Le son de cloche est tout à fait différent du côté des autoentrepreneurs. "C'est tout de même incroyable que l'on encadre les revenus de ceux qui n'arrivent pas à en avoir et que l'on recule pour encadrer les salaires des grands patrons", écrit le président de la FEDAE, Grégoire Leclercq, dans un communiqué. La Fedération fait par ailleurs remarquer que les conditions de "lissage" proposées sont en réalité "inapplicables". Surtout, elle déplore le fait que "la réforme ampute le régime de l'auto-entreprise de sa simplicité et de sa souplesse au profit des lobbies notamment".