La réforme de la BCE pour soutenir la croissance, au coeur de la campagne présidentielle

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La réforme de la BCE pour soutenir la croissance, au coeur de la campagne présidentielle
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François Hollande veut renégocier le traité alors que Nicolas Sarkozy souhaite renégocier les statuts de la BCE

En déclarant dimanche, lors de son grand meeting, place de la Concorde, qu'une réforme des missions de la Banque centrale européenne était nécessaire afin de soutenir la croissance, Nicolas Sarkozy a déclaré "ce qu'il n'a pas fait", a estimé lundi matin François Hollande, au micro de France Info. "Il est bien temps qu'il arrive à la lucidité au terme de son mandat (...) nous ne serions pas dans cette situation si la Banque centrale européenne dès le début de l'affaire grecque était intervenue massivement pour racheter des dettes souveraines ou souscrire des emprunts d'Etat", a ajouté François Hollande, qui propose une renégociation du pacte budgétaire signé début mars par 25 Etats membres de l'UE pour y ajouter un volet de croissance. Ce à quoi Nicolas Sarkozy a répondu hier, qu'il ne suffisait pas d'inscrire le mot croissance pour l'obtenir. "Il vaut mieux l'écrire, aussi bien pour le statut de la BCE et des Etats (...) mieux vaut que l'objectif de l'emploi et de la croissance soit affirmé avec autant de force que le rétablissement des comptes", a rétorqué le candidat socialiste. Ce pacte prévoit notamment des sanctions automatiques en cas de non respect des objectifs de réduction du déficit et l'adoption d'une règle d'or budgétaire. Il doit, pour entrer en vigueur le 1er janvier 2013, être ratifié par au moins 12 Etats membres. En Allemagne, les deux principaux partis d'opposition, le Parti social-démocrate allemand (SPD) et les Verts ont rejeté fin mars un vote en accéléré du texte, posant eux aussi comme condition, l'adoption de mesures destinées à restaurer la croissance... François Hollande a également estimé qu' "il aurait été plus simple de prêter directement aux Etats" alors que la BCE a prêté environ 1.000 milliards d'euros à des taux bien inférieurs à ceux du marché. Un point de vue partagé par plusieurs candidats à l'élection présidentielle comme Eva Joly (EELV) ou encore Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche).