La population mondiale vit à crédit sur la nature

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La population mondiale vit à crédit sur la nature
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Le "jour du dépassement" est pour aujourd'hui 20 ao�"t. Le réseau Global Footprint, une ONG américaine, a estimé que les humains auront épuisé ce soir les ressources naturelles qui leur sont théoriquement allouées pour l'année entière. L'indicateur, fondé sur le concept développé par le groupe de réflexion britannique new economics foundation, permet de conceptualiser l'écart entre ce que la nature peut régénérer et ce qui est requis pour alimenter l'activité humaine. En 2012, le quota avait été atteint le 22 ao�"t. Cette année, nous serons donc débiteurs de la planète deux jours de plus, soit 133 jours. La dégradation est toutefois nettement moindre que celle qui avait eu lieu l'année précédente, puisque le "jour du dépassement" 2011 avait été calculé le 27 septembre. Force est pourtant de constater que la situation empire. "En ce qui concerne le reste de l'année, nous entretiendrons notre déficit écologique en réduisant les ressources locales et en accumulant le CO2 dans l'atmosphère", indique l'ONG dans son communiqué. Il est estimé que l'humanité a franchi la ligne rouge de la surexploitation dans les années 1970. En 1993, soit vingt ans en arrière, Global Footprint désigne le 21 octobre comme "jour du dépassement". L'humanité vit à crédit L'organisation connaît les limites de sa méthode, mais elle cherche surtout à mettre en avant l'écart grandissant entre ressources et besoins. Les plus gros débiteurs mondiaux sont à l'heure actuelle les Etats-Unis, la plupart des pays d'Europe de l'Ouest (Suède et Finlande exceptées), les pays du Golfe, le Japon, la Corée du Sud et le Népal. Les pays d'Amérique Latine sont plutôt "créditeurs", Venezuela excepté, ainsi que plusieurs grandes nations comme le Canada, l'Australie ou la Russie, ce qui ne signifie pas pour autant qu'elles préservent leur capital. "Actuellement, plus de 80% de la population mondiale vit dans des pays qui utilisent plus de ressources que leur écosystème ne peut renouveler", souligne Global Footprint, qui avance concrètement que les résidents japonais consomment les ressources écologiques de 7,1 Japons, et qu'il faudrait 4 Italies et 2,4 Egyptes pour alimenter les populations actuelles des deux pays. Pour la France, le ratio serait plutôt de 1,6 fois, soit un peu moins que les Etats-Unis (1,9 fois) ou la Chine (2,5 fois). L'ONG pense qu'il n'est pas trop tard pour réagir, car les "débiteurs écologiques" ont les outils pour réduire leur empreinte, tandis que les "créditeurs" sont prévenus et peuvent réagir. Un message qui s'annonce difficile à faire passer, car écologie et société de consommation ont bien du mal à cohabiter.